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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 12:17

 

PRATIQUE

 

CÉPHALÉES, ANXIÉTÉ ET KINÉSITHÉRAPIE :

COMMENT S’ORIENTER ?

 

Corinne Goffaux-Dogniez

Docteur en kinésithérapie

Membre de la Société Belge de Sophrologie et de Relaxation

 

Si la première personne à consulter en cas de céphalées est le médecin, celui-ci peut adresser dans certains cas son (sa)  patient(e) au kinésithérapeute.

Les interventions de ceux-ci sont de différentes natures, selon les cas.

 

Les recherches mettant en évidence le lien significatif entre les céphalées et les troubles psychologiques de type anxiété et dépression sont nombreuses.

Le diagnostic différentiel entre céphalées de tension et céphalées plus vasculaires  déterminera le choix du traitement médical : anti-migraineux ou non.

Un traitement médicamenteux non satisfaisant est souvent en rapport avec 3  facteurs : la co-morbidité psychologique, la surconsommation de médicaments analgésiques, les déclencheurs non-décelés.

Ce n’est pas l’intensité des céphalées qui détermine l’apparition de troubles psychologiques, mais l’étalement dans le temps de la douleur. Par exemple, le cluster headache (algie vasculaire de la face), dont la douleur est intense mais de courte durée, n’a aucune co-morbidité psychologique. Si la douleur est de longue durée, ou si la céphalée est récurrente et fréquente, celle-ci s’accompagnera dans un premier temps d’anxiété, et secondairement, si la durée se prolonge, de dépression.

Parfois, l’anxiété qui accompagne la céphalée s’exprime sous forme paroxystique (attaque de panique).

Le profil des patients céphalagiques les plus concernés par les troubles psychologiques sont les migraineux avec aura  et les personnes abusant de médicaments.

Dans les maux de tête récurrents, apparaît la notion de crainte de la douleur, qui agit comme facteur psychologique jouant un rôle dans le processus de chronicisation.

Par ailleurs, le stress peut provoquer des tensions musculaires oro-mandibulaires (muscles de la mastication, muscles faciaux et crâniens péri-auriculaires) en rapport avec l’anxiété. C’est ce que l’on observe dans les céphalées de tension.

La douleur de la céphalée de tension est moins intense et plus liée à des causes psychiques que dans les autres céphalées , c’est pourquoi on orientera plus facilement ce type de personnes vers des traitements alternatifs de type relaxation . Les céphalées de tension  sont souvent l’objet d’une auto-médication (analgésiques en vente libre). Les céphalées de tension seules ou accompagnées de migraine (migraine transformée) vont souvent de pair avec une chronicisation du problème. Cela explique que ce type de céphalées corresponde souvent à une intoxication par abus de médicaments (automédication + chronicisation).

La chronicisation de la douleur s’accompagnant  de l’apparition de l’anxiété, la personne commence alors à consommer des anxiolytiques de type benzodiazépines (sur prescription médicale).

La relaxation, en temps que thérapie de gestion du stress, permet de diminuer l’anxiété accompagnant les céphalées chroniques.

Elle créera une synergie positive avec les médicaments en cas de migraine transformée.

Outre les céphalées de tension et les migraines transformées, les céphalées d’origine cervicale seront traitées, de manière tout aussi concluante par les soins de kinésithérapie, même si leur abord sera différent.

Selon les auteurs, le type d’anxiété qui est augmentée chez le céphalalgique est l’anxiété-état, l’anxiété-trait, ou les deux à la fois. L’anxiété-trait est l’anxiété appartenant aux caractéristiques de personnalité du sujet, tandis que l’anxiété-état est une adaptation momentanée à une situation donnée.  

La guérison (fin de la douleur) s’accompagne d’une diminution d’anxiété-état et d’anxiété-trait. 

Il est important que la personne céphalalgique soit vue par un médecin, afin de poser un diagnostic exact.

Le médecin neurologue est le spécialiste de référence des céphalées.

C’est parce que poser un diagnostic est important que, actuellement, de nombreuses études s’attachent à définir clairement ces critères de diagnostic, pour les céphalées d’origine cervicale notamment. Cela permet d’orienter correctement les patients vers les soins qui leur conviennent exactement. Toutefois, outre les migraines transformées (migraine + céphalées de tension), de nombreuses personnes ont des céphalées qui cumulent différents aspects diagnostiques : migraine et blocage des articulations cervicales hautes (C0-C1), whiplash injury et céphalée d’origine cervicale, ou céphalée de tension, céphalée d’origine cervicale et migraine.

 

Par ailleurs, signalons un développement des céphalées chez les enfants et les adolescents ces dernières années. Le profil général est le même que chez l’adulte, mais la consommation de médicaments est moindre. Lorsque l’âge augmente, les céphalées ont tendance à devenir chroniques avec plus d’anxiété et des risques de consommation chronique de médicaments induisant à leur tour des céphalées par un cercle vicieux d’intoxication.

 

Les traitements physiques utilisés de manière satisfaisante pour traiter les céphalées peuvent être axés sur la relaxation et le massage. Cela sera particulièrement indiqué puisque les céphalées s’accompagnent de modification des paramètres musculaires de l’EMG . 

 

Le travail des points triggers s’accompagnera d’une diminution significative des céphalées.

 

Les traitements vertébraux sont peu utiles en cas de céphalées de tension, mais par contre très recommandables en cas de céphalées cervicales. Toutefois, dans ces 2 types de céphalées, la kinésithérapie sera utilisée avec succès, apportant des résultats significatifs de diminution de l’intensité de la douleur, et de normalisation musculaire (EMG). Le traitement vertébral pourra s’avérer utile également en cas de migraine où on peut trouver un blocage cervical haut dans 1/3 des cas ; notons que, dans ce cas, le traitement apporte une diminution significative de l’intensité des céphalées et de l’anxiété.

 

En cas de céphalées d’origine cervicale, les exercices de maintien de la colonne seront intéressants.

 

En cas de perturbation de l’articulation de la mâchoire, parfois objectivable par RX, les soins de kinésithérapie, peuvent être couplés à une mise au point dentaire.

La kinésithérapie peut éviter de devoir avoir recours à des appareils inconfortables et onéreux.

 

Les migraineux ayant une réponse hormonale à l’exercice qui leur est propre

(norépinéphrine et épinéphrine) et explique leur intolérance à l’exercice physique intense, il importe d’en tenir compte en rééducation .

 

Enfin, en cas de vertiges, on peut travailler la détente musculaire et la détente psychologique

et rappelons d’ailleurs que Maigne décrit des vertiges dus uniquement à des tensions musculaires cervicales; il peut s’agir d’un problème sympathique (syndrome de Barré-Lieou ) qui répondra bien à la relaxation et à une réharmonisation cervicale ;  s’il s’agit par contre ou en plus d’un problème vestibulaire associé aux migraines, on conseillera une rééducation vestibulaire .

A propos des vertiges, notons aussi les cas particuliers de personnes qui présentent des déviations nettes de l’axe inter-auriculaire (pour des raisons rhumatismales par exemple). Cette déviation de la position de la tête (perte de la ligne gravitaire) peut créer des perturbations importantes de l’équilibre.

 

Ce qu’il faut retenir :

 

La migraine, la céphalée de tension, la céphalée d’origine cervicale seront traitées différemment. Le whiplash-injury donnera lieu à un traitement spécifique. Parfois plusieurs types de céphalées cohabitent chez une même personne, parfois encore des vertiges peuvent y être associés.   

Les céphalées chroniques seront abordées différemment encore, à cause des liens entre la douleur chronique et les répercussions psychologiques.

L’orientation vers la discipline de kinésithérapie, ou médicale la mieux adaptée au problème est important en cas de céphalée.

Après avoir d’abord consulté le médecin, celui-ci vous orientera vers le professionnel le mieux adapté au problème.

 

  Douleur et Analgésie n°1 , 1997.

Les céphalées de tension: description clinique et place nosologique.

P. Henry et V. Dousset
P. Henry: Département de Neurologie, CHU de Bordeaux, Hôpital Pellegrin, Bordeaux

Résumé :

Le concept anglo-saxon de «tension type headache» est maintenant reconnu internationalement. Il correspond à une description clinique relativement floue et variable où la classification IHS retient des formes épisodiques et des formes chroniques, ce qui correspond à une expérience clinique. Par contre, la distinction entre les formes avec ou sans pertubation des muscles péricrâniens paraît arbitraire à beaucoup. Le concept français de céphalées psychogènes ne se superpose pas exactement à celui de céphalées de tension et n’en constitue qu’une partie. Les arguments en faveur d’un continuum ou d’une dualité entre migraine et céphalées de tension sont passés en revue, la dualité paraissant plus vraisemblable, même si certains mécanismes peuvent être communs aux deux entités.

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Le contenu de l'article (page 1) :

Le concept anglo-saxon de céphalées de tension (Tension type Headache) est maintenant internationalement reconnu. Dans la classification internationale des céphalées, le cadre des céphalées de tension fait uniquement référence à un aspect descriptif: «Céphalées durant de quelques minutes à plusieurs mois. La douleur typique est à type de pression et de serrement, d’intensité légère ou modérée, bilatérale et ne s’aggrave pas avec l’activité physique de routine. Les nausées sont absentes mais une phonophobie ou une photophobie peuvent être présentes» (2).
Selon la fréquence des céphalées, la classification distingue les formes épisodiques et les formes chroniques. Dans chacune de ces catégories, il est considéré deux sous-ensembles selon que la céphalée s’accompagne ou non d’une sensibilité des muscles péricrâniens. La classification à quatre chiffres fait référence aux mécanismes étiologiques vraisemblablement en cause, mettant sur le même plan: perturbation oro-mandibulaire, stress psychosociaux, anxiété, dépression (selon les critères du DSM III R), délire et conversion, tension musculaire, emploi excessif des médications.
Ce cadre des céphalées de tension ne recouvre donc pas exactement le concept nosologique français de céphalée psychogène où l’élément psychologique ou psychiatrique est un facteur étiopathogénique de premier plan. Au niveau descriptif, il est plus restrictif tandis qu’au plan des mécanismes, il mélange les phénomènes mécaniques et les éléments psychologiques.

Symptomatologie clinique

Les caractéristiques des céphalées, leur évolutivité et le terrain sur lequel elles surviennent, permettent d’orienter le diagnostic, uniquement sur les données de l’interrogatoire (4).
Le siège de la douleur peut être fixe ou variable mais ne correspond à aucune systématisation neurologique et ne revêt pas le caractère volontiers unilatéral de la douleur migraineuse. La douleur bilatérale nuquo-occipitale est la plus fréquente, réalisant le classique syndrome d’Atlas par référence au géant de la mythologie grecque, las de porter le globe terrestre sur son cou et ses épaules. Moins répandue mais encore plus évocatrice, la céphalée en casque partant de l’occiput et irradiant vers le front en enserrant les tempes. Une douleur du vertex, une douleur du nasion en pince-nez sont également évocatrices.
Le type de la douleur est des plus variés et les qualificatifs pour la décrire sont innombrables. Les sensations de serrement, d’étau et de pesanteur sont les plus habituelles mais parfois, le malade parlera de brûlures, de fourmillements, d’écoulement liquidien. Assez souvent, il s’agira moins d’une sensation douloureuse que d’une impression d’inconfort et de tête vide.

L’intensité de la douleur est difficile à apprécier.
Elle est souvent vécue comme insupportable bien qu’objectivement, elle n’ait rien à voir avec la douleur atroce des névralgies du trijumeau ou des algies vasculaires de la face, ni même avec la douleur souvent «empêchante» des accès migraineux.
Fait notable, la céphalée résume apparemment la symptomatologie puisqu’on ne retrouve pas les signes d’accompagnement des accès migraineux, nausées, vomissements, scotome scintillant, etc. Au-delà de la description clinique, le contexte psychologique colore souvent l’expression symptomatique et va faciliter sa compréhension, nous y reviendrons.


L’évolution chronologique est souvent aussi évocatrice que les caractères propres de la céphalée. Volontiers quotidienne, elle s’installe souvent dès le réveil ou peu après le lever, s’accentuant volontiers en fin de journée.
On ne retrouve pas la notion de crise comme dans la maladie migraineuse.
La douleur s’étend sur des heures, des jours, parfois des semaines, voire des mois.
Volontiers déclenchée ou exacerbée par tout ce qui augmente l’état de tension psychologique, conflits, émotion, soucis, surcroît de travail, au contraire elle aura tendance à s’atténuer ou à disparaître dans les périodes de détente, de vacances, de vie plus harmonieuse.

L’examen somatique est globalement normal.

On peut cependant parfois être frappé par l’existence d’un état de crispation des masses musculaires au niveau du cou, des épaules, des muscles massétérins, la pression des masses musculaires s’avérant volontiers douloureuse.
Les multiples examens complémentaires que subissent ces malades so

 

 

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