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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:40

 

Quelles sont les hormones liées au stress ?

La manifestation d’un stress est toujours le résultat d’une réaction hormonale en chaîne. Car en fait, pas moins de 5 hormones entrent en jeu :

Les cinq hormones du stress

  • L’ACTH est sécrétée par l’hypophyse, une glande située à la base du cerveau. Son rôle est de stimuler les glandes surrénales, qui à leur tour libèrent le cortisol.
  • Le cortisol a pour but de fournir au cerveau un apport en énergie suffisant pour nous préparer à faire face au stress. Il intervient notamment dans la régulation de la tension artérielle, de la fonction cardiovasculaire, de la fonction immunitaire.
  • L’adrénaline, elle, prépare l’organisme à répondre au stress : le rythme cardiaque et la respiration s'accélèrent, la pression artérielle augmente.
  • L’ocytocine intervient notamment au niveau de notre comportement en société. Elle est aussi particulièrement impliquée dans la relation mère-enfant.
  • La vasopressine enfin, est également appelée hormone antidiurétique. Elle permet de réguler les fonctions urinaires et la pression sanguine. Elle joue un rôle important dans la gestion de l’anxiété.
ACTH, cortisol, adrénaline, ocytocine et vasopressine sont les cinq hormones du stress. © Phovoir
ACTH, cortisol, adrénaline, ocytocine et vasopressine sont les cinq hormones du stress. © Phovoir

 

 

L'ACTH est une hormone synthétisée et sécrétée par l'hypophyse antérieure, qui active la croissance et le développement de la glande surrénale et stimule la sécrétion corticale de glucocorticoïdes, hormones qui interviennent dans les mécanismes de défense de l'organisme vis-à-vis du stress.

 

 

 

Action hormonale

Cortisol

Le cortisol est une hormone stéroïde qui est libérée dans l'organisme en réponse à un stress physique ou psychologique. La sécrétion de cortisol déclenche divers processus générateurs d'énergie qui ont pour but de fournir au cerveau un apport en énergie suffisant pour préparer la personne à faire face aux agents de stress. Outre cette fonction d'hormone " du stress ", le cortisol joue un rôle déterminant dans la presque totalité des systèmes physiologiques, intervenant notamment dans la régulation de la tension artérielle, de la fonction cardio vasculaire, du métabolisme des glucides et de la fonction immunitaire.

La sécrétion du cortisol dans le sang est régulée par un système de rétroaction sensible. L'hormone adrénocorticotrope (ACTH), synthétisée et sécrétée par l'hypophyse, stimule la production de cortisol par les surrénales. La sécrétion d'ACTH est régulée par la corticolibérine (CRF), une hormone libérée par l'hypothalamus. Lorsque le taux de cortisol est suffisant, un système de rétroaction négative signale à l'hypophyse et à l'hypothalamus de réduire la production d'ACTH et de CRF. La production de cortisol suit un rythme circadien, les concentrations fluctuant tout au long de la journée, étant élevées le matin et faibles le soir.

La majeure partie du cortisol dans le plasma est lié à la globuline fixant les corticostéroïdes (transcortine). Le cortisol se fixe aux récepteurs spécifiques des glucocorticoïdes dans le cytoplasme, puis le complexe hormone-récepteur migre dans le noyau où il se lie à des éléments de réponse spécifiques de l'ADN, modulant alors la transcription génétique et ayant ultérieurement une incidence sur un grand nombre de systèmes physiologiques. Le cortisol stimule notamment un grand nombre de procédés qui interviennent dans l'augmentation du taux de glucose dans le sang et le maintien d'une glycémie normale. En présence de cortisol, les protéines musculaires se décomposent, ce qui donne lieu à la libération d'acides aminés dans la circulation. Le foie utilise ces acides aminés pour synthétiser du glucose. Le cortisol est également une source d'énergie pour les muscles, en provoquant la libération d'acides gras des cellules adipeuses et en inhibant l'assimilation de glucose dans les tissus musculaires et adipeux, contribuant de ce fait au maintien du glucose.

La glande surrénale pourrait être une des cibles des substances toxiques présentes dans l'environnement. Il a en effet été démontré que certaines substances chimiques, comme le DDE, s'accumulent dans les cellules de la corticosurrénale et nuisent à la production de cortisol. Il convient cependant de préciser que, même si l'on en connaît davantage sur les effets des substances chimiques environnementales sur la physiologie surrénalienne du poisson, leurs effets sur la fonction surrénalienne des mammifères demeurent très peu connus, car peu d'études y ont été consacrées.

 

L'adrénaline est une hormone secrétée par les glandes surrénales ; c'est l'un des nombreux neurotransmetteurs présents dans le cerveau. L'un des effets de l'adrénaline consiste en une décharge d'énergie nerveuse lors d'un stress, que l'on appelle souvent " réaction de fuite ou de combat ".

 

 

 

 

                                               

Le stress est l'état qui résulte d'une pression appliquée à un organisme ou une structure. Cette pression peut-être causée chez les humains par des demandes internes ou externes qui sont les agents du stress encore appelés stresseurs.

Il en résulte une cascade de réactions nerveuses et hormonales destinées à déclencher le mécanisme de survie que représente la réponse "fuite-agressivité".

Les stresseurs peuvent être d'origine externe et provenir du travail, ou de demandes sociales, environnementales, financières ou familiales qui sont difficiles à satisfaire. Ils peuvent être également d'origine interne et être la conséquence d'obligations imposées à soi-même, de culpabilité, d'anxiété, d'autocritique, de valeurs conflictuelles, de maladies et d'une tension psychologique.

Le stress est un état qui peut être positif quand il pousse les gens à plus de créativité ou à la recherche de solutions en rassemblant toutes leurs ressources. Il peut ainsi amener un athlète à la victoire, un tel stress est encore appelé "Eustress".

Lorsque le stress s'installe de façon durable il en résulte un état permanent de la réponse de type "fuite-agressivité" dont les conséquences sur le corps sont des plus néfastes.

Chacun dispose de sa propre façon de réagir au stress mais il s'agit toujours d'un ensemble composé des symptômes suivants, certains étant prédominants chez un individu donné :

  • accélération du rythme cardiaque

  • élévation de la pression artérielle

  • respiration plus rapide

  • libération d'hormones : ACTH, cortisol, adrénaline, ocytocine, vasopressine

  •  fatigue et et tension musculaire, particulièrement dans le dos ( région lombaire) et le  le cou

  • re-routage du flux sanguin : du cerveau et des viscères vers les bras et les jambes pour le combat ou la course

  • hypersensibilité aux bruits, aux odeurs, au contact, irritabilité émotionnelle, anxiété, dépression

  • sueurs abondantes

  • déséquilibre hormonal source d'un affaiblissement de la réponse immunitaire avec pour conséquences une facilité plus grande à être contaminé par des germes, à être victime d'un cancer ou d'une maladie auto-immune

Le stress déclenche une cascade de sécrétions hormonales et de réactions nerveuses complexes impliquant différentes structures du cerveau relié à l'hypophyse et aux glandes surrénales.

Les structures impliquées dans la réponse de stress

A : Mécanismes nerveux

Au niveau du cortex cérébral (le cerveau intelligent) :

  • les aires sensorielles du cortex qui reçoivent l'information provenant du thalamus

  • le lobe temporal pour le rappel des expériences passées (mémoire implicite)

Au niveau du cerveau limbique (cerveau émotionnel et viscéral composé du thalamus, de l'hypothalamus, de l'amygdale, de l'hippocampe, qui sont les structures impliquées dans les besoins et les pulsions primitives telles que l'excitation sexuelle, la colère, l'agressivité, la récompense etc.) :

  • le thalamus : (centre spécialisé dans la gestion des messages en provenance des organes sensoriels -- olfactif, visuel auditif, kinesthésiques -- lesquels sont ensuite dirigés vers les aires spécifiques du cortex cérébral)                    

  • l'amygdale : (centre de commandement recevant rapidement une information brute en provenance du thalamus pour une action immédiate)                    

  • l'hippocampe : (centre d'intégration de la mémoire -- reçoit du cortex, d'une façon différée, l'information nécessaire pour l'élaboration de souvenirs conscients à propos d'événements récents (mémoire explicite)                    

  • l'hypothalamus : structure sensible à l'action des stresseurs émotionnels, libère les hormones ou les neurotransmetteurs nécessaires à la mise en place de la réponse "fuite -- agressivité" par le biais d'une activation du système nerveux autonome SNA.

L'hypothalamus par le biais de ses connexions au locus coeruleus peut aussi stimuler la sécrétion de noradrénaline, un neurotransmetteur essentiel au fonctionnement du système nerveux central ( SNC).

l'hypothalamus peut également activer le métabolisme par la stimulation de la thyroïde en vue de production de thyroxine.

À ce niveau le stress est déclenché par des hormones (cortisol, adrénaline, noradrénaline provenant des  glandes surrénales) avec pour conséquence une libération de neurotransmetteurs destinés à activer ou bloquer la transmission de l'influx nerveux dans les synapses.

Les neurotransmetteurs peuvent être classifiés en:

  • Ceux qui induisent des sensation de bien-être -- endorphines (opioïdes), exorphines (opioïdes provenant de la nourriture ou de drogues), noradrénaline, dopamine, acétylcholine, phenylethylmine.

  • Ceux qui inhibent la douleur et l'anxiété -- enkephalines, GABA (acide gamma-amino-butyrique).

  • Ceux qui ont également une activité hormonale -- sérotonine, mélatonine, ocytocine.

B : les sécrétions hormonales

Au niveau hormonal :

l'hypophyse : située sous l'hypothalamus dans la région basale moyenne du cerveau, est divisée en une partie antérieure est une partie postérieure :                  

  • La partie antérieure de l'hypophyse est contrôlée par l'hypothalamus par le moyen d'une hormone endocrine (véhiculée par le sang) la CRH (corticotrophine releasing hormone), qui à son tour provoque la libération de l'ACTH (adrenocorticotrphique hormone), autre hormone active sur les glandes surrénales situées sur la partie supérieure des reins. Les glandes surrénales libèrent trois types d'hormones.

  • La partie postérieure de l'hypophyse est sous contrôle nerveux direct de l'hypothalamus et, quand elle est activée, elle libère la vasopressine (il s'agit d'une hormone antidiurétique qui contrôle la résorption de l'eau) et l'ocytocine (ou oxytocine, l'hormone de l'amour et du comportement social)

les glandes surrénales : elles sont divisées en trois couches qui sécrètent trois types d'hormones différentes classées en glucocorticoïdes et  minéralocorticoïdes qui peuvent s'élever à des niveaux très dangereux dans les conditions du stress.

  • La zone extérieure sécrète l'aldostérone (une hormone antidiurétique par mécanisme de rétention du sel), qui régule la pression artérielle -- un excès d'aldostérone cause une hypertension et une élévation du taux de potassium sanguin (kaliémie) à des niveaux dangereux pour le cœur. 

  • La zone moyenne sécrète le cortisol qui est libéré dans la circulation sanguine pour stimuler le catabolisme des lipides et des protéines en vue de production d'énergie par :

  • Activation de la gluconéogenèse et inhibition de la sécrétion d'insuline pour pouvoir apporter aux muscles le sucre qui leur est nécessaire.

  • Amélioration de la contractilité du muscle cardiaque et de la microcirculation périphérique.

  • La zone interne sécrète les hormones sexuelles : (le niveau de ces hormones diminue sous stress) DHEA, œstrogènes, testostérone

 

Conséquences d'un stress prolongé

Le stress cause la production et la libération de cortisol et d'adrénaline par les glandes surrénales. Au début de la période de stress il existe une réaction adaptative afin de mobiliser l'énergie nécessaire pour faire face à une situation critique. Durant cette période initiale de stress un processus de feed-back négatif est exercé par le cortisol sur la sécrétion de corticotrophine (CRH) au niveau de l'hypothalamus aboutissant à une diminution du taux de cortisol circulant.

Toutefois lorsque le stress devient chronique cette action de feed-back négatif perd de son efficacité, le taux de cortisol remonte à des niveaux extrêmement dangereux entraînant :

  • hypertension et maladie des coronaires

  • diabète, obésité, perte musculaire, ostéoporose

  • affaiblissement du système immunitaire, cause de cancer et d'une facilité à être contaminé par des germes pathogènes

  • souffrance cérébrale par atrophie de l'hippocampe, perturbant le libre flux de l'information et entraînant des troubles dans les processus de jugement et de prises de décision. À  leur début ces troubles sont réversibles mais si le problème est traité trop tard il s'ensuit une atrophie cérébrale définitive.

 

Les hormones du stress

chemin hormones du stress
Chemin des hormones du stress

Les hormones du stress sont des substances que l'organisme secrète lorsqu'il se trouve dans une situation de stress. La sécrétion de ces hormones lui permet de mieux faire face aux agressions extérieures et de mieux appréhender le stress.

 

Sécrétion des hormones du stress

Lorsqu'une personne est victime du stress, des réactions physiologiques en chaîne se déclenchent. Des hormones du stress sont sécrétées, afin de permettre à l'organisme de mieux gérer la situation. À chaque étape, le corps produit différentes hormones du stress.

À quel moment les hormones du stress interviennent-elles ?

Le stress n'arrive jamais par hasard. Il y a toujours un élément déclencheur appelé stimulus qui fait que l'on en soit victime. Le corps se trouve donc face à un choc. Il réagit immédiatement afin de pouvoir gérer la situation et s'adapter. C'est à partir de ce moment qu'interviennent les hormones du stress. L'hypothalamus agit alors sur la médullosurrénale, une zone qui se trouve au cœur des glandes surrénales, par l'intermédiaire du système nerveux sympathique. C'est ainsi que sont sécrétées les hormones du stress appelées adrénaline et noradrénaline. L'action de ces dernières se font immédiatement sentir. La pression artérielle s'élève d'un cran, ce qui a pour effet d'intensifier les rythmes cardiaque et respiratoire, tout en augmentant la glycémie ou le taux de sucre dans le sang. Les pupilles sont dilatées afin d'améliorer la vision. Les fonctions non vitales comme la digestion sont mises en veilleuse, la mémoire devient plus aiguisée et il en est de même pour le sens de la réflexion.

Les hormones du stress pour mieux gérer la situation

Une fois que l'organisme est « en situation », il doit résister au stress afin de ne pas se laisser submerger par celui-ci. Pendant cette seconde phase, le corps doit faire face à des réactions causées par un stimulus stressant persistant. De nouvelles hormones du stress sont synthétisées par le corps. La corticolibérine, libérée pendant la première phase, provoque la production d'ACTH ou corticotropine, au niveau de l'adénohypophyse. La présence de ces hormones du stress sont à l'origine de la fabrication d'autres hormones par la corticosurrénale. Cette dernière sécrète d'un côté des hormones métaboliques comprenant les glucocorticoïdes, à savoir la cortisone et le cortisol, dont le rôle est de canaliser l'énergie vers les organes qui en ont le plus besoin. Le taux de sucre dans le sang est augmenté et de l'énergie, sous forme d'hydrate de carbone, est apportée au corps. D'un autre côté, la corticosurrénale synthétise des minéralocorticoïdes, en l'occurrence l'aldostérone et la corticostérone qui jouent un rôle dans l'homéostasis ionique, permettant ainsi au corps de combattre les agressions extérieures.

Histoire du stress

C'est à la fin du XIXe siècle que les premières études sur le stress, qui ne portait pas encore ce nom, ont commencé. En 1878, le physiologiste français Claude Bernard introduit un concept encore en vogue aujourd'hui : la constance du milieu intérieur. Le principe : face aux modifications continuelles de l'environnement extérieur, tout être vivant doit conserver une certaine stabilité interne. L'idée est développée cinquante ans plus tard par le physiologiste américain Walter B. Cannon dans son ouvrage The Wisdom of the Body (W.W. Norton & Co, 1932)1. Il y décrit les mécanismes régissant cette constance corporelle, qu'il baptise homéostasie (du grec homeo, « similaire », et stasis, « condition »). Il est alors le premier à employer le mot stress – qu'il emprunte au vocabulaire de la mécanique –, pour désigner les agressions susceptibles de perturber l'homéostasie.

Mais le vrai tournant a lieu dans les années 1940-1950, avec les travaux de l'endocrinologue canadien Hans Selye. À partir de nombreuses expérimentations sur les rats, ce directeur de l'Institut de médecine et de chirurgie expérimentales de l'université de Montréal élabore une première théorie complète du stress « médical ». Selon lui, le stress est bel et bien « une réponse non spécifique que donne le corps à toute demande qui lui est faite »2. Il baptise cette réponse « syndrome général d'adaptation » et distingue trois phases : l'alarme, la résistance et l'épuisement. La première correspond à l'ensemble des réponses de l'organisme à une perturbation soudaine, la seconde à celles mises en place dans le cas où la perturbation perdurerait. La phase d'épuisement, elle, survient lorsque le corps n'est plus capable de s'adapter. S'ensuivent les nombreuses complications du stress, souvent caractérisées par des maladies inflammatoires.

Cette description, toujours d'actualité, s'accompagne d'une ébauche de sa physiologie : l'endocrinologue met en lumière l'importance d'un système composé de l'hypothalamus, une région du cerveau, de l'hypophyse, une glande hormonale attachée à l'hypothalamus, et des glandes surrénales, deux autres glandes hormonales, situées sur les reins (l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou HHS). Une importance qui ne s'est pas démentie, même si on sait aujourd'hui que cet « axe du stress » n'est pas le seul en cause. « Le stress met en jeu quatre grands ensembles en interaction constante : l'axe HHS donc, mais aussi les systèmes nerveux sympathiques et parasympathiques3, le système immunitaire et enfin le cerveau, notamment les régions impliquées dans les émotions, la mémorisation et la régulation de l'humeur », explique Jean-Michel Thurin.

  

Stress médical

© Rocco pour le Journal du CNRS

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Le stress biologique

Que se passe-t-il au juste lorsque nous subissons un stress ? La première étape de l'incroyable cascade qui engendre le syndrome général d'adaptation consiste évidemment en l'interprétation du facteur stressant. Ce sont les régions les plus primitives de notre cerveau – les structures dites limbiques, comme l'amygdale et l'hippocampe 4, impliquées notamment dans la formation des émotions et de la mémoire – qui déclenchent l'alarme. Aussitôt, le système nerveux sympathique s'active. Il libère la noradrénaline et stimule la production d'adrénaline par les glandes surrénales. Ces deux hormones vont alors agir sur de nombreux organes : le cœur pour élever le débit cardiaque, les vaisseaux sanguins pour augmenter la pression artérielle et favoriser les muscles, le cerveau et le cœur au détriment de la peau et des viscères, les poumons pour dilater les bronches et élever le rythme respiratoire, le foie pour activer la formation de glucose à partir des stocks énergétiques… Elles vont aussi placer le cerveau dans un état de vigilance accrue. Toutes ces réactions rapides n'ont qu'un but : préparer l'organisme à affronter un événement stressant et soudain, d'une durée de quelques minutes à une heure. Il peut s'agir aussi bien d'un dialogue, d'un exercice de mathématiques ou d'un saut en parachute.

Si le facteur stressant dure, et que l'organisme passe en phase de résistance (aussi appelée allostasie), les structures limbiques du cerveau vont mettre en action le fameux axe HHS. L'hypothalamus produit alors la corticolibérine (CRH) qui agit sur l'hypophyse et lui fait fabriquer plusieurs hormones dont la corticostimuline (ACTH). Celle-ci va alors provoquer la libération de glucocorticoïdes, notamment de cortisol, par les glandes surrénales. Ces hormones ont, comme l'adrénaline et la noradrénaline, la faculté de stimuler la fabrication de glucose, le carburant de notre corps, et son absorption par les cellules. Parallèlement, avec la CRH et l'ACTH, elles inhibent certaines fonctions consommatrices d'énergie, comme la croissance ou la reproduction. Enfin, elles jouent un rôle très important dans l'autorégulation du stress : en bloquant la synthèse de CRH et d'ACTH, le cortisol et les hormones apparentées limitent leur propre production. Cette boucle, dite de rétrocontrôle, permet tout simplement d'éviter l'emballement de la machine. « Les systèmes sympathique et HHS cortisolique fonctionnent en étroite relation, résume Jean-Michel Thurin. On considère généralement que le premier est le système d'urgence de l'action et du mental, mais aussi du système immunitaire, et qu'il va ensuite être régulé par le second, le cortisol. Celui-ci intervient plutôt dans un “rythme de croisière” plus adapté à la durée. »

Pourtant, à force d'être sollicités, ces systèmes peuvent finir par se dérégler. C'est à ce moment-là qu'apparaissent les signes délétères, physiques et psychiques, du stress chronique. Les réserves énergétiques de l'organisme vont s'épuiser, la fatigue s'installer. Et plus le stress durera, moins il sera contrôlable par l'organisme. « Face à des taux élevés de glucocorticoïdes induits par le stress chronique, les cellules qui y sont sensibles réagissent en diminuant le nombre de leurs récepteurs hormonaux pour éviter d'être trop activées, précise Michèle Crumeyrolle-Arias, chargée de recherche au CNRS, dans l'unité Inserm « Neurobiologie et psychiatrie », à Créteil5. Cette perte a une conséquence : les glucocorticoïdes n'exercent plus leur fonction de rétrocontrôle du stress. À ce niveau, il est intéressant de souligner que ces effets sont comparables à ceux de l'âge, qui provoque lui aussi un défaut de contrôle des glucocorticoïdes. »

De plus, ces hormones ont le pouvoir d'inhiber l'immunité. Cela peut, à terme, provoquer de nombreuses pathologies. Pourquoi les hormones du stress minent-elles nos défenses contre les intrus ? Sans doute pour éviter, là encore, un emballement du système. Dans le cas d'un stress physique, comme une infection, les messagers chimiques émis par le système immunitaire sont capables d'activer l'axe HHS et donc le syndrome général d'adaptation. En inhibant l'immunité, les glucocorticoïdes exercent un second rétrocontrôle, permettant cette fois de tempérer la réponse immunitaire. « Tout se passe comme si le système immunitaire était sous la surveillance du système neuroendocrinien », indique Michèle Crumeyrolle-Arias. Seulement, en cas de stress chronique, les glucocorticoïdes dont la fabrication n'est plus sous contrôle poursuivent leur travail de sape de l'immunité. Voilà pourquoi nous sommes plus fragiles lors des périodes de stress : rhumes, grippes et bronchites ne semblent plus vouloir nous épargner !

  

 

Des pathologies favorisées

Le stress est d'ailleurs, sinon la cause, du moins un facteur aggravant de nombreuses pathologies. Il est aujourd'hui bien établi qu'il augmente le risque de maladies cardio-vasculaires. Une étude épidémiologique menée à la fin des années 1980 par des chercheurs italiens 6 a montré que le stress quotidien avait pour effet d'élever progressivement la tension. Un résultat obtenu en suivant pendant vingt ans deux groupes de femmes constitués l'un de nonnes vivant dans un couvent, dans le silence et la méditation, l'autre de femmes actives. Protégées des tracas de la vie quotidienne, les nonnes avaient conservé la pression artérielle de leur jeunesse. Et ce n'est là qu'une seule étude parmi de nombreuses qui montrent clairement un lien entre stress et hypertension. Comme il en existe aussi avec les troubles de l'appareil digestif, les maladies de la peau (comme les dermatoses atopiques, le psoriasis ou encore la pelade), le diabète de type 2 ou encore certaines maladies auto-immunes, comme le lupus. Même notre poids peut dépendre de notre état de stress, puisque l'activation de l'axe HHS peut conduire à la stimulation de la prise alimentaire et donc favoriser l'obésité.

souris

© A. Chézière/CNRS Photothèque

Les souris élevées sans stress choisiront de passer moins de temps dans un compartiment associé à la prise de drogue.


Et les effets délétères du stress ne s'arrêtent pas là. À l'Institut de physiologie et biologie cellulaires7, à Poitiers, une équipe dirigée par Mohamed Jaber étudie le rôle des événements de vie dans la dépendance aux drogues. « Notre objectif est d'élucider les relations entre les gènes, l'environnement et la vulnérabilité aux drogues et aux toxines », précise le professeur de neurosciences. Plusieurs expériences avaient déjà montré que les hormones du stress facilitaient l'addiction à la cocaïne8. En collaboration avec les équipes de Pier Vincenzo Piazza, à Bordeaux9, et de François Tronche, à Paris10, les chercheurs poitevins ont étudié la réaction, vis-à-vis de la cocaïne, de souris totalement dénuées de récepteurs aux glucocorticoïdes. Résultat : ces animaux, dont les réactions de stress sont évidemment altérées, résistent bien mieux à l'addiction que leurs congénères normaux. « Les souris transgéniques montrent une motivation plus faible à s'administrer la cocaïne et ne développent pas de sensibilisation, explique Mohamed Jaber. Le récepteur aux glucocorticoïdes est donc bien le relais par lequel les hormones du stress augmentent les effets de la cocaïne. » Dans ce cas, le stress chronique, qui induit la perte de ces récepteurs, ne devrait-il pas avoir aussi des effets bénéfiques vis-à-vis des drogues ? Non, répond le chercheur : « Même si le stress chronique réduit le nombre de récepteurs, et donc le rétrocontrôle, ceux qui restent n'en demeurent pas moins activés par les très fortes concentrations de glucocorticoïdes en circulation. Les hormones du stress peuvent donc encore influer sur l'affinité du cerveau envers les drogues. »

  

 

 

souris jeux

© A. Chézière/CNRS Photothèque

Les souris élevées dans un milieu dit « enrichi », c'est-à-dire spacieux et agréable, seront plus résistantes aux effets addictifs des drogues.
(En revanche, la souris isolée et élevée dans un environnement pauvre y sera plus sensible.)


 

 

A contrario, un environnement dit enrichi, c'est-à-dire stimulant sans être stressant, limite les comportements d'addiction. Des souris élevées dans des cages plus grandes que la moyenne et dotées d'un nid et de jouets (qu'on change régulièrement) ont une plus grande résistance aux effets addictifs des drogues. Ces données obtenues chez les souris sont-elles transposables à l'homme ? Difficile à dire sur le plan purement neurobiologique mais, comme le souligne Mohamed Jaber, « plusieurs études épidémiologiques ont déjà permis d'observer que des personnes nées dans un milieu défavorisé, donc potentiellement stressant, ont plus de risques de tomber dans la drogue que celles venant d'un milieu plus aisé. »

Maladies, addictions… Le stress chronique peut véritablement mettre en péril notre santé. Et ce, dès notre conception ! Il est en effet reconnu que le stress peut avoir des répercussions profondes chez le nourrisson, et même chez le fœtus. Les études sur les modèles animaux démontrent que des stress précoces – comme une séparation prolongée d'avec la mère – augmentent le taux de cortisol chez le petit et provoquent des comportements de rejet entre lui et sa mère. Chez l'homme, pour qui les études demeurent plus difficiles notamment pour des raisons éthiques, la séparation prolongée, même si elle ne semble pas augmenter les taux de cortisol de manière significative, influence de manière négative la relation mère-enfant. Au stade prénatal, le stress – une grossesse très mal vécue ou au cours de laquelle la mère subit un événement traumatisant – accroît le risque de naissance prématurée et de troubles ultérieurs, comme le reflux gastro-œsophagien. Enfin, chez l'enfant, les stress répétés ralentissent la croissance et peuvent engendrer ce que les spécialistes appellent le « nanisme psychosocial ».

  

 

Du corps à l'esprit

patient stress

© H. Raguet/CNRS Photothèque

Ce patient, plongé virtuellement dans un environnement qui l'angoisse, s'habitue peu à peu à surmonter ses peurs.


Réaction d'adaptation de notre organisme, le stress ne se résume pourtant pas à une simple réponse biologique. « Le stress est aussi cognitif, remarque Roland Jouvent, directeur du centre Émotion, à Paris11. Il dépend tout autant de notre personnalité, de notre mémoire. » Toute perturbation de notre environnement ne provoquera pas forcément un état de stress douloureux. En fait, celui-ci ne survient bien souvent que lorsque nous ne nous sentons pas capables d'y faire face : un phénomène connu sous le nom de coping (en anglais, to cope with signifie « faire face à »). Une situation jugée surmontable provoquera un stress moins important, tout comme celle que nous aurons déjà vécue. Le lien entre stress et mémoire est d'autant plus marqué que celle-ci est en partie gérée par les structures limbiques, les régions du cerveau également responsables du déclenchement de la réaction d'adaptation. L'intensité du stress dépendra aussi de notre état psychique (déprimé ou pas), des traits de notre personnalité (sens de l'humour, combativité, recherche du plaisir et de la réalisation de soi…), de nos croyances. Et même de nos relations sociales. « Un environnement social apaisant limite fortement nos états de stress, indique Roland Jouvent. À l'inverse, certains stress collectifs peuvent engendrer des paniques de groupe, en paralysant les capacités individuelles de raisonnement. »

Si la plupart d'entre nous parviennent à gérer plus ou moins bien leur stress, d'autres en sont tout bonnement incapables. Ils peuvent alors souffrir de ce que les psychiatres appellent un trouble anxieux. Les attaques de panique, les phobies sociales, les troubles obsessionnels compulsifs (Toc), les états de stress post-traumatiques sont autant de pathologies anxieuses reflétant des états de stress excessif et mal contrôlé. « Le trouble anxieux généralisé, par exemple, associe plusieurs symptômes de stress durable, explique Antoine Pelissolo, du centre Émotion, psychiatre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Les patients présentent une incapacité à affronter l'incertitude de l'avenir, à gérer les petits stress quotidiens. Ils montrent à la fois une inquiétude généralisée ainsi qu'une impossibilité à relâcher leur vigilance associée biologiquement à une hyperactivation du système sympathique. » Chez les personnes atteintes de troubles anxieux, on observe aussi un dérèglement des systèmes basés sur la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans de nombreuses fonctions comme le cycle veille-sommeil, la douleur ou le contrôle moteur. Ils subissent alors une vraie douleur morale, contrairement aux simples « stressés chroniques » dont seul l'axe HHS est mis à rude épreuve. Parvient-on à soigner ces pathologies ? « Nous disposons évidemment d'une pharmacologie, basée sur les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (qu'il vaudrait mieux appeler des régulateurs émotionnels), mieux indiqués que les anxiolytiques, qui provoquent des dépendances, indique Antoine Pelissolo. Certaines psychothérapies, comme les thérapies comportementales et cognitives (TCC), sont également très efficaces contre les troubles anxieux. » Au centre Émotion, les chercheurs étudient même la possibilité de soigner les troubles anxieux, notamment certaines phobies, grâce aux nouvelles technologies : un système de réalité virtuelle permet de plonger les patients dans un environnement angoissant pour eux (une ville pour les agoraphobes par exemple) et de les habituer progressivement à surmonter leur peur. « D'abord complètement figés, nos patients parviennent finalement à se déplacer dans l'environnement virtuel », assure Roland Jouvent. Une thérapie qui leur permettrait de reprendre peu à peu confiance une fois revenus dans la réalité.

Et pour ceux – les plus nombreux – qui ne souffrent pas de troubles anxieux mais doivent quand même affronter le stress de la vie quotidienne ? « Avoir une bonne hygiène de vie, s'accorder des temps de repos, s'affirmer en sachant dire non, limiter voire supprimer les anxiogènes comme le tabac et l'alcool, avoir une activité physique et, par-dessus tout, entretenir des relations sociales », conseille Antoine Pelissolo. Avec ça, nous sommes parés pour la rentrée.

  

 

Fabrice Demarthon

  

 

 

 

   

Le stress au microscope

Nos cellules aussi peuvent être stressées ! L'augmentation de la température, l'exposition à des métaux lourds ou à d'autres agents chimiques, le manque d'oxygène ou de glucose, les infections sont autant destress qui menacent leur survie. Pour se protéger, la cellule dispose d'une armada de protéines dites de choc thermique ou chaperons. « Les protéines chaperons constituent pour les protéines un mécanisme universel de réponse aux agressions toxiques, explique Michel Morange, directeur de l'équipe « Biologiemoléculaire du stress » au laboratoire « Régulation de l'expression génétique », à Paris1. Elles sont synthétisées en grande quantité lors du premier stress et permettent de mieux résister à des stress ultérieurs. » Par exemple, certaines de ces molécules, appelées chaperonines, en forme de cages, ont la faculté d'isoler les protéines cellulaires lésées et de faciliter ainsi leur rétablissement. Existe-t-il unlien entre le stress organique et le stress cellulaire ? « Nous ne savons pas vraiment, admet Michel Morange. Les données sont contradictoires selon les tissus et les situations, il ne semble pas y avoir derègle générale. Tout ce qui se produit dans l'organisme ne se retrouve pas forcément au niveau de la cellule. »

F.D.

  

1. Laboratoire CNRS / École normale supérieure Paris.

Contact : Michel Morange, morange@biologie.ens.fr

 

 

 

 

 

Quand le stress a du bon

 

Réaction normale de l'organisme à une perturbation de son environnement, le stress semble à première vue bénéfique. Fort de cette constatation, Éric Le Bourg, du Centre de recherche sur la cognition animale (CRCA), à Toulouse1, étudie les effets d'un stress modéré chez la drosophile. « Un stress modéré au jeune âge, comme un séjour de quinze jours en hypergravité2 ou une exposition ponctuelle à une température de 0 °C, augmente légèrement la longévité et la résistance à des stress létaux ultérieurs et retarde les signes comportementaux du vieillissement. Ces stress permettent aussi aux mouches de mieux résister à la canicule quand elles sont vieilles. » Est-ce à dire que des stress modérés pourraient nous être favorables ? Tout dépend du type de stress. Des stress émotionnels légers, comme des entretiens d'embauche ou des examens scolaires, semblent bel et bien renforcer certaines fonctions organiques, comme la mémorisation ou l'immunité (contrairement au stress chronique). Pour les autres types de stress, la recherche reste à faire. En ce qui concerne les produits toxiques, Éric Le Bourg met en garde : « Ces travaux ne sauraient légitimer la volonté de certains lobbies de ne pas abaisser au maximum les quantités de toxiques dans l'environnement, sous prétexte que les faibles doses ne feraient pas de mal, voire qu'elles nous seraient favorables. » Qu'ils se le tiennent pour dit.

 

1. Laboratoire CNRS / Université Toulouse-III.

2. Une gravité supérieure à la gravité normale.

 


Notes :

1. La sagesse du corps (trad. franç., éditions de la Nouvelle Revue critique, Paris, 1946).
2. Citation tirée de Stress, pathologies et immunité, sous la direction de Jean-Michel Thurin et Nicole Baumann, éditions Flammarion, 2003.
3. Les systèmes nerveux sympathiques et parasympathiques correspondent peu ou prou à l'accélérateur et au frein d'une voiture. Le système sympathique permet la mise en alerte de l'organisme et la préparation à l'activité physique. Son neuromédiateur principal est la noradrénaline. Le système parasympathique agit à l'opposé et est surtout activé pendant les temps de repos et de récupération. Son neuromédiateur est l'acétylcholine.
4. Le système limbique comprend un ensemble de régions de notre cerveau impliquées dans l'olfaction, les émotions, les apprentissages et la mémoire. Il s'agit des plus anciennes structures en termes d'évolution, puisque de nombreuses autres espèces les possèdent.
5. Unité Inserm / Université Paris-XII.
6. Timio et al., « Age and blood pressure changes: a 20-year follow-up study in nuns in a secluded order », Hypertension, vol. 12, 1988, pp. 457-461.
7. Laboratoire CNRS / Université de Poitiers.
8. Les expériences ont été menées notamment par Pier Vincenzo Piazza et Michel le Moal, de l'Inserm.
9. Unité « Psychobiologie des comportements adaptatifs » (Inserm / Université Bordeaux-II).
10. Laboratoire « Génétique moléculaire, neurophysiologie et comportement » (CNRS / Collège de France).
11. Unité « Vulnérabilité, adaptation et psychopathologie » (CNRS / Université Paris-VI).

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