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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:48

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Vivre un deuil

Le deuil, un voyage difficile

L’être cher qui vient de vous quitter laisse un vide énorme dans votre vie. Au fil des semaines et des mois qui vont suivre, vous passerez sans doute par une foule d’émotions : c’est normal.

Le mot deuil tire ses origines du latin « doulos », qui signifie « douleur ». La traversée du deuil qui s’amorce pour vous risque en effet d’être douloureuse. C’est inévitable. Soyez indulgent envers vous-même, vivez un seul moment à la fois et ne manquez pas l’occasion de vous féliciter pour votre courage. Votre peine est unique, tout comme vous. Puisque chaque être humain est différent, vous aurez votre propre façon de vivre votre peine.

Aucune marche à suivre n’est valable et vous devrez trouver en vous la force qui vous est propre. Selon la plupart des spécialistes, un deuil dure entre 9 mois et 2 ans. Ces chiffres ne sont que des repères approximatifs : vous serez en deuil aussi longtemps qu’il vous sera nécessaire de l’être. Certaines personnes qui traversent un deuil ont besoin du soutien de professionnels de la santé. N’hésitez pas à demander de l’aide à un médecin, un travailleur social ou un psychologue : loin d’être un signe de faiblesse, ce geste traduit une preuve de respect envers soi-même.

Voici les principaux points à retenir lorsqu'un deuil vous frappe :

• Malgré ce que plusieurs peuvent penser, un deuil normal dure en moyenne deux ans. Donnez-vous le temps de guérir. Peu à peu, vous éprouverez moins de douleur au souvenir de la personne décédée.

• L'intensité de votre deuil dépendra de la relation que vous entreteniez avec la personne décédée.

• Il est tentant de vouloir prendre des raccourcis afin d'éviter la souffrance. Cependant il n'en existe pas, la seule façon de passer au travers le deuil est de vivre pleinement la souffrance et les différentes émotions qui s'y rattachent.

• Dans les moments les plus difficiles du deuil, soyez indulgent envers vous-même. Les émotions que vous vivez sont intenses et demandent beaucoup d'énergie, cependant elles sont passagères. Vivez un instant à la fois et félicitez-vous lorsque le pire est passé.

• Il arrive que certains ont l'impression de devenir fou et se demandent s'ils sont normaux dans leurs réactions de colère, de culpabilité, de confusion et de découragement. Soyez sans crainte, ce sont là des réactions normales vécues dans le deuil.

• Avec la mort d'un être cher, il arrive que des décisions importantes doivent être prises (vente de la maison, déménagement, etc.). Remettez-les à plus tard autant que possible; vous n'êtes pas en état de prendre des décisions éclairées. Vous pourriez le regretter.

• Soyez patient avec les autres, ils ne comprennent pas toujours ce que vous vivez. Exprimez vos besoins et entourez-vous de gens en qui vous avez confiance et sur qui vous pouvez compter. Ceci vous évitera des frustrations.

• N'oubliez jamais que vous traversez sans doute la pire épreuve qu'il soit donné à un être humain de vivre. Votre vie s'en trouve désorganisée, vous êtes profondément ébranlé et la douleur intense et profonde gruge vos forces. Vous devez intégrer les changements inhérents à la perte, c'est-à-dire mettre fin à vos projets communs et vivre quotidiennement avec l'absence de l'être aimé. Alors permettez-vous d'aller chercher de l'aide si vous en avez besoin. Peut-être existe-il un groupe d'entraide dans votre localité. Informez-vous auprès des service sociaux de votre communauté .

• Vous avez le droit de prendre congé et de vous divertir, cela ne peut que vous faire du bien. Et comme le deuil vous demande beaucoup de travail, ne vous surchargez pas trop. Vous avez besoin de récupérer.

• Si vous êtes croyant, n'hésitez pas à prier afin de recevoir l'aide nécessaire à votre guérison.

 

  
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Les manifestations normales du deuil

Les sentiments

Au cours d'un deuil, on peut vivre à différents moments un ou plusieurs des sentiments suivants :
• Du chagrin, de la tristesse.
• De la colère ou de la révolte.
• Du ressentiment.
• De l'anxiété, de l'angoisse.
• De la culpabilité.
• Du soulagement.
• De l'ambivalence.
• De l'incompétence.
• Un engourdissement émotif.
• Un sentiment d'abandon, de solitude, d'injustice.
• Une obsession, un désir de contact avec la personne disparue.

Les comportements

Au cours d'un deuil, on peut manifester un ou plusieurs des comportements suivants :
• Des
pleurs, des soupirs.
• Des
lamentations, de la verbalisation.
• De
l'hostilité, de l'agressivité.
• De
l'impatience.
• Du
désintéressement.
• Des
regrets.
• De l'isolement, un retrait social, de l'évitement.
• De
l'apathie.
• De la
distraction.
• Un « 
fonctionnement automatique ».
• De
l'hyperactivité.
• Un
sommeil perturbé (manque ou excès).
• Des rêves
fréquents ou des cauchemars.
• Une
identification à la personne décédée.
• Une évasion
dans les drogues, les médicaments ou l'alcool.
• Un
manque d'intérêt pour l'hygiène et pour les activités courantes.
• Voir la
personne décédée partout.
• Un désir
de rejoindre la personne décédée.
• Une
remise en question de ses croyances, un sentiment de colère à l'égard de Dieu.
• Une perte de
confiance en l'avenir.

Important : N'hésitez pas à consulter un spécialiste si certains de ces comportements sont persistants ou vous inquiètent.

Les sensations physiques

La personne endeuillée doit affronter plus que ses émotions. En plus de soigner son cœur, elle doit tenir compte de son corps. L’organisme réagit physiquement à la douleur psychologique. Le corps, par le biais de plusieurs signes, dit que lui aussi a mal.

Une personne endeuillée peut manifester un ou plusieurs de ces symptômes :
• La bouche sèche.
• De la difficulté à avaler.
• Un serrement au niveau de la gorge ou de la poitrine.
• Une crispation dans la région gastrique.
• Un point dans le dos.
• Des bouffées de chaleur.
• Une transpiration soudaine et excessive.
• Des palpitations cardiaques.
• De l’hypertension artérielle.
• Une vision embrouillée.
• Une grande sensibilité au bruit.
• Des tremblements.
• Des douleurs physiques.
• Une perte d'appétit, une altération du goût.
• Des troubles digestifs, des diarrhées, des maux de ventre.
• Des maux de tête, des migraines.
• Des tensions ou des faiblesses musculaires.
• Un manque d'énergie, de la fatigue.
• De la difficulté à se concentrer.

Important : N'hésitez pas à consulter un médecin si vous éprouvez des malaises persistants ou si vous observez une détérioration de votre état de santé.

 

Les étapes d'un deuil

L'étape du choc (le déni)

• L'émotion est brutale, comme si on recevait un coup sur la tête.
• On vit une sorte d'engourdissement qui nous protège de la douleur.
• En général, le choc ne dure pas longtemps (de quelques minutes à quelques heures).
• Ce n'est pas le moment de prendre des décisions à long terme.
• Il est bon d'avoir la compagnie d'un ami.
• Quand le choc disparaît, la douleur surgit.

L'étape de l'adaptation

• C'est l'étape la plus difficile et la plus exigeante. Le travail du deuil commence ici.
• C'est une période de désorganisation, d'intégration et d'adaptation.
• On traverse une turbulence d'émotions qui épuisent.
• Il est souhaitable d'aller au fond de sa peine.
• Il est préférable de ne pas prendre de tranquillisants, car ils peuvent bloquer les émotions.
• Essayer de se joindre à un groupe de soutien.
• On est plus vulnérable physiquement, il est bon de consulter un médecin pour prévenir les problèmes
  de santé.
• Boire plus d'eau (1/3 de plus que la soif le demande).
• Faire de l'exercice.
• Se reposer suffisamment.

L'étape créatrice

• La guérison s'annonce.
• C'est une période de reconstruction.
• L’équilibre émotif est encore fragile, mais le courage revient lentement.
• Les souvenirs font surface et provoquent tantôt des pleurs, tantôt des rires.
• Rendu à cette étape de votre deuil, on est en mesure de prendre du recul face à sa douleur :
  on peut être fier de soi et du chemin parcouru.
• C'est une étape d'identification et d'exploitation de ses ressources.
• Les forces déployées dans la traversée de votre deuil redonnent un sens à sa vie. C’est un nouveau
  départ.
• On réinvestit son énergie dans de nouveaux projets ou dans la poursuite de ce qui avait été mis de côté.
• On est en paix avec la personne décédée ; il nous est maintenant possible de la laisser partir.
• On ne l’oublie pas, bien au contraire. Un lien intense, profond et positif nous unit maintenant à elle.
• On s’ouvre à nouveau à la vie.
 

Aider une personne endeuillée

Il n’y a pas de mots magiques pour consoler une personne en deuil. Ce qui peut aider, c’est de lui offrir de l’écouter si elle veut en parler. L’écoute est plus importante que tous les mots. Plutôt que de dire n’importe quoi, il vaut mieux exprimer à la personne qu’on ne sait pas quoi dire, l’écouter, respecter ses silences et se montrer disponible.

Compatissez avec elle, soyez rassurant, offrez-lui votre aide. Une aide concrète est appréciée par la personne endeuillée ; apporter un repas, garder les enfants, faire le ménage, etc. Incitez-la à être patiente envers elle-même et ses proches. Au besoin, encouragez-la à consulter un professionnel de la santé.

La personne en deuil a besoin d’être entourée, mais pas avec la même relation qu’à l’habitude. Elle aura aussi besoin d’être seule à l’occasion. Elle peut s’éloigner de certaines personnes, d’un couple, par exemple, si elle a perdu son conjoint. Respectez cette distance, mais revenez à la charge après un certain temps pour lui rappeler que vous êtes toujours prêt à reprendre la relation quand elle en sentira le besoin.

N’hésitez pas à parler de la personne décédée. Il est conseillé d’utiliser son nom et de mentionner ses qualités ; cela facilite le processus du deuil. Il ne faut pas changer de sujet quand la personne parle du défunt. Il se peut qu’elle dise et redise les mêmes choses ; il faut lui laisser répéter et l’écouter.

Il est primordial, pour la personne qui veut apporter son aide, de se rappeler que l’attitude et le comportement sont plus importants que les paroles.

Ce que vous pouvez faire

• Dites-lui que vous compatissez avec elle et qu'elle peut compter sur vous pour l'accompagner dans ces
  moments difficiles.

• Laissez-la parler de la personne décédée aussi longtemps et aussi souvent que le besoin s'en fait sentir.
  Soyez une bonne oreille.

• Exprimez-lui combien vous êtes affecté par la perte qui l'afflige. N'hésitez pas à parler de la personne
  décédée et à mentionner ses qualités.

• Au besoin, donnez-lui un peu de votre temps pour l'aider dans la réalisation de ses tâches quotidiennes.
• Soutenez aussi les autres membres de sa famille qui sont eux aussi affectés par la perte et qui ont besoin
  d'être consolés.

• Incitez-la à être patiente envers elle-même et ses proches.

• Soyez rassurant lorsqu'elle se charge de reproches, dites lui qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait.

Les attitudes aidantes :

• chaleur humaine ;
• patience ;
• respect d'autrui ;
• authenticité ;
• ouverture d'esprit ;
• compassion ;
• honnêteté ;
• écoute active ;
• empathie ;
• respect de soi (ses limites) ;
• disponibilité ;
• compréhension ;
• souplesse ;
• congruence.

Ce que vous devez éviter

• Évitez de laisser votre sentiment d'impuissance ou votre malaise vous tenir à l'écart. La personne endeuillée
  a besoin de vous plus que jamais.

• Ne lui dites pas que vous la comprenez, à moins d'être vous-même passé par là.

• Évitez de porter un jugement sur ses sentiments ou de lui dire ce qu'elle devrait faire ou ressentir.

• N'ayez pas peur de mentionner le nom de la personne décédée. Évitez de changer de sujet lorsqu'elle désire
  en parler.

• Ne chercher pas une justification à ce qui vient d'arriver.

• Ne minimisez pas sa perte en essayant de faire valoir ce qui lui reste encore.

• N'essayez pas de lui montrer les mérites d'une vie nouvelle qui s'annonce; ce n'est pas le moment.

• Ne faites pas de remarques désobligeantes concernant les événements qui entourent le décès. Cela pourrait
  ajouter au sentiment de culpabilité déjà très présent.

Les attitudes à éviter

• confrontation ;
• provocation ;
• maternage ;
• agressivité ;
• interprétation ;
• culpabiliser l'endeuillé ;
• l'interrompre lorsqu'il parle ;
• minimiser les émotions et la situation ;
• porter un jugement ;
• comparer avec quelqu'un d'autre.
 

La perte d'un enfant

Le deuil suite au décès d'un enfant est très pénible pour les parents. Étant responsables de celui-ci et de sa protection, ils ont une impression d'échec et portent en eux un sentiment de culpabilité énorme.

De plus, la plupart des parents voient en leurs enfants le prolongement d'eux-mêmes et mettent en eux leurs propres aspirations. La mort devient alors la fin de leurs désirs secrets de continuité et emporte avec elle une partie d'eux-mêmes.

Voici quelques points à retenir si vous vivez le deuil de votre enfant :

• L'intensité et la durée du deuil dépend de la relation que vous entreteniez avec votre enfant.

• Chaque personne est unique, ressent et vit les choses à sa façon, en lien avec sa personnalité. Étant donné que le deuil s'exprime différemment pour l'un et pour l'autre, il arrive qu'une certaine incompréhension se manifeste et provoque une distance entre les conjoints. Si vous avez de la difficulté à accepter que l'autre puisse vivre son deuil à sa façon, vous développerez alors un problème de communication qui pourra aller en s'aggravant. Dans une telle situation, l'aide d'une personne ressource peut s'avérer très utile.

• Suite à l'intensité de la douleur vécue, il arrive que l'un des conjoints en vienne à penser que l'autre est responsable de la mort de l'enfant. Ce sentiment ne se traduit pas nécessairement par des mots et peut même être inconscient, cependant on remarquera beaucoup d'impatience et d'irritabilité à l'égard du « coupable ».

• Les périodes de douleur intense et de rechute ne sont pas toujours correspondantes entre les conjoints. Quand l'un finit par s'en remettre un peu et à remonter la pente, l'autre traverse une période difficile. Ce manque de synchronisme provoque l'impression d'être constamment dans la douleur. Afin d'éviter de retomber dans la souffrance, les conjoints peuvent finir par vouloir s'éviter dans les moments difficiles.

• Le deuil d'un enfant bouleverse la vie de couple. En ce qui concerne la sexualité, les besoins de l'un pourront augmenter alors que chez l'autre ils pourront diminuer, voir même disparaître. Là encore, il est important de maintenir la communication ou de consulter un professionnel au besoin.

• Si vous avez d'autres enfants, surtout ne les oubliez pas. Ils souffrent eux aussi de cette perte immense et se sentent eux aussi coupables. Vous aurez sans doute besoin de parler de votre enfant décédé; toutefois évitez de le comparer à ceux qui restent. Il est important que tous puissent garder leur identité sans pour cela se sentir diminués ou encore regretter d'être vivants.

• Le deuil d'une femme qui subit une fausse couche ou un avortement n'est pas considéré comme tel par la société actuelle. La femme se voit donc confinée, dans le silence, à vivre l'échec et la culpabilité. Il arrive aussi que du ressentiment se développe à l'égard du conjoint. Lorsque les sentiments vécus sont trop intenses, il peut en découler des troubles somatiques et psychologiques qui nécessitent l'aide d'un professionnel.

En résumé, dites-vous bien qu'il vous sera très difficile de traverser seul cette épreuve. Entourez-vous de gens en qui vous avez confiance. Essayez de garder un lien étroit avec votre conjoint et aidez-vous mutuellement autant qu'il vous est possible de le faire. Et surtout n'hésitez jamais à demander l'aide d'une personne ressource appropriée.
 

La perte par suicide

• Plusieurs questions surgiront ainsi que de l'incompréhension. Vous ne comprendrez pas les raisons qui ont pu motiver ce geste. Essayez de ne pas trop vous tourmenter avec cela, des réponses viendront ici et là de manière insoupçonnée.

• Sans doute y a-t-il aussi un sentiment de culpabilité qui vous envahit. Vous regrettez certaines paroles ou certains gestes. Éprouver de la culpabilité est un processus normal dans le deuil qui vous accable. Dites-vous bien qu'avec le temps, votre culpabilité se changera en regrets et qu'en bout de ligne il ne vous restera qu'un sentiment d'impuissance face à la mort.

• Lors d'un tel drame, vous ressentirez de la colère envers la personne suicidée qui vous a abandonnée, envers Dieu qui n'a rien fait pour éviter cela et envers tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l'accomplissement de ce geste désespéré. La colère est un sentiment passager, elle passera. Cependant veillez à ne pas vous autodétruire dans la colère ou encore à blesser votre prochain inutilement. Il existe des façons positives de l'exprimer.

• Rappelez-vous que vous ne pouviez pas choisir pour l'autre et que le choix du suicide ne vous appartenait pas. Acceptez que, même avec toutes vos intercessions, vos paroles n'ont pu influencer l'être aimé dans sa décision.

• Une fois la tempête calmée viendra l'acceptation. Il vous faudra du temps avant d'arriver là. Offrez-vous tout le temps nécessaire. Un deuil par suicide prend plus de temps à guérir. Ne perdez pas patience, un jour vous pourrez dire que vous respectez son choix.

• Si vous constatez avoir des idées suicidaires suite au deuil que vous vivez, il faut chercher de l'aide. Des solutions peuvent s'offrir à vous pour traverser ces pénibles moments sans que vous aillez jusqu'à poser un geste irréversible.

• Avec la souffrance, on apprend à donner un nouveau sens à la vie, à changer ses valeurs et ses priorités. Il vous est peut-être difficile de croire que vous irez mieux et que vous pardonnerez, mais un jour viendra où vous pourrez vous dire enfin : « La vie continue et je suis heureux d'en faire partie. »
 

Le deuil chez l'enfant

Expliquer la mort aux enfants

Il est difficile d’expliquer la mort aux enfants. L’important est de ne pas leur mentir et de ne pas les tenir à l’écart. Vous ne leur rendriez pas service. Au contraire, en voyant votre chagrin, ils comprendraient que quelque chose de grave est arrivé et cela les insécuriserait. Leur dire la vérité avec des mots adaptés à leur âge les aideront à traverser cette épreuve.

La petite enfance (avant 2 ans)

À cet âge, l’enfant ne comprend pas la mort. Il ressent par contre très fortement la détresse des gens qui l’entourent. Il pourrait pleurer plus que d’ordinaire, ou encore refuser de dormir ou de manger.

L’enfant de cet âge a besoin :

• de continuité dans ses habitudes ;
• d’être réconforté, bercé, cajolé.

Il vaut mieux éviter :

• de le sortir de son environnement ;
• de l’éloigner de ses parents ou du parent survivant.

L’âge préscolaire (de 3 à 5 ans)

Dès 3 ans, l’enfant a une certaine compréhension de la mort. Il la confond par contre avec un long sommeil et croit que la personne décédée reviendra. Un enfant de cet âge pourrait croire que la mort qui survient est de sa faute. Il risque aussi de ressentir de la peur à l’idée que d’autres personnes qui lui sont chères disparaissent.

L’enfant de cet âge a besoin :

• de savoir qu’on ne l’abandonnera pas ;
• de comprendre que cette mort n’est pas de sa faute ;
• d’entendre la vérité, dans des mots qu’il comprend.

Il vaut mieux éviter :

• de lui dire que le défunt est parti en voyage ou qu’il se repose (l'enfant pourrait avoir peur de
   s’endormir ou de partir en voyage) ;
• de trop bouleverser sa routine quotidienne.

L’âge scolaire (de 6 à 12 ans)

À partir de 5 ou 6 ans, l’enfant comprend que la personne défunte ne reviendra jamais. Vers 9 ans, il sait aussi qu’il mourra un jour. Il est assez grand pour comprendre ce qui se passe et assister, s’il le désire, au rituel funéraire. À cet âge, l’enfant pourrait manifester de la colère envers le défunt qui l’a abandonné. Il est également possible qu’il cherche un coupable à blâmer, ou qu’il se sente lui-même responsable de la mort.

L’enfant de cet âge a besoin :

• de recevoir des réponses franches à ses questions ;
• de beaucoup de support dans sa vie quotidienne et scolaire ;
• d’être rassuré sur le fait qu’on ne l’abandonnera pas.

Il vaut mieux éviter :

• de le tenir à l’écart de tous les événements entourant la mort.

L’adolescence (de 13 à 17 ans)

Comme l’adulte, l’adolescent comprend la mort et tout ce qu’elle implique. Par contre, il est fréquent qu’il y réagisse de façon différente. L’adolescent pourrait s’absenter souvent de la maison, mal s’alimenter et dormir peu. De plus, il est possible qu’il témoigne de l’agressivité envers ses proches, ou encore qu’il adopte une attitude teintée d’indifférence.

L’enfant de cet âge a besoin :

• de discussions franches et ouvertes ;
• de la présence d’un ami ou d’un intervenant à qui il pourra se confier.

Il vaut mieux éviter :

• de forcer la main à l’adolescent qui refuse de se confier à vous.

- Demeurez à l’écoute des questions de l’enfant, encouragez-le à partager ses peurs.
- Ne tardez pas à lui annoncer la mort. Si possible, annoncez la nouvelle à tous les membres de la famille
  en même temps.
- Dites la vérité à l’enfant, dans des mots qu’il comprendra.
- Dans la mesure du possible, évitez de le sortir de son milieu.
- Invitez-le à participer aux rituels funéraires (présence au salon, funérailles, visite au cimetière, messe
  commémorative).
- Partagez votre chagrin avec lui. Ainsi, il ne se sentira pas isolé ou anormal d’en ressentir lui aussi.
- Encouragez-le à exprimer ses émotions en mots, mais aussi par le jeu, le dessin, la musique ou l’écriture.

Pourquoi un enfant ne vit pas la même tristesse ?

Le processus de deuil chez un enfant est différent de celui de l’adulte. Le chagrin d’un enfant est intermittent et se traduit plus par des comportements ou des attitudes que par la parole. La capacité d’un enfant à vivre de fortes émotions est limitée. L’enfant pourrait être triste pendant quelques minutes avant qu’un stimulus viennent interrompre sa pensée et détourne son attention. L’enfant, même s’il peut ressentir les mêmes réactions physiques, émotionnelles ou de comportement que l’adulte, continuera à jouer pendant son deuil.

 

Chercher de l'aide

Votre chagrin est unique

Vous êtes un être unique et la peine que vous ressentez suite à la perte d’un proche l’est tout autant. Cette période de deuil sera sans doute remplie d’épreuves, de larmes et d’émotions. Mais il y aura des moments où l’espoir montrera le bout de son nez. Puis, viendra enfin la guérison.

À certaines étapes de votre deuil, vous aurez peut-être envie d’être seul, afin de faire le point. À d’autres moments, vous ressentirez peut-être un fort besoin d’être écouté, consolé, entouré. Respectez vos propres besoins, qui ne manqueront pas de se transformer au fil des mois.

Sachez que plusieurs ressources s’offrent à vous, à toutes les étapes de votre deuil. Il vous revient de choisir celles qui vous conviennent le mieux.

Les rituels funéraires : Se rassembler pour partager

Depuis la nuit des temps, les humains pratiquent les rites funéraires pour marquer le départ d’un être cher et pour reconnaître qu’une vie a été vécue. Que ce soit seul ou entouré de ses proches, la pratique d’un rituel funéraire peut apporter un soutien réconfortant dans votre traversée.

Les funérailles

Les funérailles offrent un lieu où les gens touchés par la même douleur peuvent partager leur peine et s’offrir un réconfort mutuel. La solidarité et la sympathie qui sont exprimées lors des obsèques peuvent s’avérer précieuses pour la suite de votre deuil.

Les messes commémoratives

Célébrer une messe commémorative est une façon de dire que l’on n’oublie pas le défunt. C’est également une occasion où vous pourrez faire le point sur votre deuil, afin de continuer à avancer vers la guérison.

Les visites au cimetière ou au columbarium

Rendre visite à un proche dans le lieu où il repose sera peut-être un geste que vous aurez envie de poser. Prendre le temps de se recueillir devant l'urne ou sur la tombe d’un être cher, c’est prendre le temps de dire que l’on n’oublie pas. C’est aussi l’occasion de mesurer le chemin parcouru.

Partager sa peine pour lui donner un sens

Dans la traversée d’un deuil, on a parfois l’impression que la guérison n’arrivera jamais. Il devient alors très important de chercher du réconfort et de la chaleur humaine. En cours de route, vous aurez sans doute besoin de vous confier à une oreille attentive. En plus de votre entourage, diverses ressources s’offrent à vous.

Consulter un professionnel

Les aléas de la vie provoquent parfois le besoin de faire le point avec l’aide d’un psychologue ou d’un psychothérapeute. Plusieurs de ces professionnels se spécialisent dans la traversée du deuil. Débuter une thérapie avec l’un d’eux sera peut-être pour vous un moyen de vous libérer d’une trop grande peine.

Les groupes d’entraide

Ces groupes rassemblent des gens qui vivent un deuil. Les rencontres organisées par les groupes d’entraide se tiennent dans un esprit de respect et d’écoute. Lors de telles réunions, vous pourrez partager votre expérience, mais aussi écouter celle des autres; être aidé, mais aussi aider.

Les groupes de soutien et les thérapies de groupe

Les groupes de soutien et les thérapies de groupe sont des rencontres animées par un psychologue ou un autre intervenant social. Vous pourrez y retrouver les mêmes bienfaits que dans un groupe d’entraide, mais dans un cadre plus structuré.

Les forums d'entraide

 

Laisser le temps faire son travail

Traverser un deuil est une épreuve douloureuse et parfois longue ; donnez-vous le droit de prendre votre temps. Bien qu’aucune thérapie n’offre de recette miracle pour guérir d’un deuil, plusieurs ressources pourront vous aider à mieux vivre cette étape importante de votre vie.

 

 

Comment faire savoir aux autres que l'on veut être seul ?

La première chose à faire lorsque l’on se sent envahi par la présence des autres est de leur faire part de votre volonté d’être seul. Rassurez-les que c’est vraiment ce que vous voulez et que vous reprendrez contact avec eux. Ils respecteront votre volonté. Souvenez-vous que les gens qui veulent vous aider ne veulent que votre bien. Ne les négligez pas; au contraire, c’est dans des moments aussi difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis.

Pourquoi les gens vivent-ils leur chagrin à des rythmes différents ?

Le processus de deuil est unique à chaque personne. Il faut éviter de comparer le chagrin de l’un avec celui de l’autre. Il faut prendre les choses dans l’ordre où elles viennent et il faut éviter de presser la guérison. Refuser de vivre son deuil ne fait que le prolonger.

Pourquoi un conjoint en deuil tombe-t-il souvent malade ?

Tous les symptômes physiques et psychologiques ressentis par la personne en deuil peuvent contribuer à affaiblir son système immunitaire. Ainsi, la fatigue, le manque d’appétit et la perte du goût de vivre peuvent être des facteurs aggravants. La personne doit avoir le désir de s’en sortir et doit continuer à s’alimenter normalement. Il est conseillé de consulter un médecin avant que la maladie ne s’ajoute au chagrin.

Les personnes qui s'attendent au décès d'un proche vivent-elles leur deuil plus rapidement ?

Pour certaines personnes, le processus de deuil a commencé avant le décès. La guérison peut donc sembler plus rapide, mais les étapes du deuil ont quand même été franchies. Pour d’autres, le deuil sera vécu deux fois; une fois avant le décès et une fois après.

Faut-il éviter de parler de la personne défunte en présence de l'endeuillé ?

Souvent, les proches pensent faire une faveur à la personne endeuillée en évitant de parler du défunt. Ils craignent de provoquer une crise de larmes. Ils ne savent pas quoi faire dans ces moments, alors ils évitent toute référence au défunt. Pourtant, la personne endeuillée a besoin d’en parler. Les larmes font partie du processus de guérison. Ils ne faut pas chercher à les éviter. Quand la personne endeuillée pleure, il faut être là et l’écouter. Ne dites rien si vous ne savez pas quoi dire. Si la personne endeuillée vous demande de ne pas parler du défunt, respectez sa décision. Revenez plutôt à la charge après quelque temps pour vérifier si elle souhaite maintenant en parler.

Pourquoi mon chagrin revient-il encore alors que je crois que tout est rentré dans l'ordre ?

Il est normal que la peine revienne à certaines occasions. Comme une vague, le chagrin frappe plus fort à certains moments et se retire tranquillement pour peut-être revenir à la charge. Les vagues seront moins fortes avec le temps parce que vous aurez appris à vivre avec. Le processus de deuil se fait progressivement, il ne faut pas l’oublier. Les vagues ne vous ramènent pas en arrière, elles font partie du chagrin. Dans certaines occasions, les vagues peuvent sembler plus fortes. Ainsi, les journées spéciales telles les fêtes, les anniversaires ou les congés peuvent ramener le sentiment de vide laissé par la personne décédée. Prenez les choses comme elles viennent, sans les brusquer.

Comment un groupe pour personnes endeuillées peut-il aider ?

Les groupes pour personnes endeuillées rassemblent des gens qui vivent un deuil. Pendant ces rencontres, les gens en deuil partagent leur expérience et profitent du support des autres. Dans la même optique, les groupes de soutien et les thérapies de groupe sont des rencontres animées par un psychologue ou un intervenant social. Le concept est semblable au groupe d’entraide, mais il est plus structuré.

Faut-il se débarrasser des objets du défunt ?

C’est un choix que doit assumer la personne en deuil. La présence des objets de la personne décédée peut être réconfortante, mais il faut se rappeler que les objets ne sont pas la personne. S’en détacher n’effacera pas le souvenir, mais cela peut aider à accepter le départ. Il n’est pas nécessaire de se débarrasser des objets du défunt, mais dans le cas contraire, il faut vider les tiroirs seulement lorsqu’on se sent prêt.
 

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