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LES TECHNIQUES DE RELAXATION

sillanslacascade180

tension de base

détente avec perte d'énergie

épuisement par le sport

détente avec gain d'énergie
technique de relaxation

 la recherche d'une définition
Pour certains, relaxer signifie prendre un café,
une cigarette (stimulant du système nerveux
central), une bière (dépresseur du système
nerveux central), se coucher le jour (perturbe le
sommeil la nuit), écouter la télévision, faire la fête,
etc. Cette acception populaire du mot relaxer
fausse notre compréhension des techniques de
relaxation. Nous allons donc nous efforcer de
trouver une définition clinique appropriée.

Notre formation en médecine nous incite à étayer notre compréhension de ces techniques par nos
connaissances en physiologie. Il y a déjà plus d'un demi-siècle, des études ont montré que, en stimulant
des régions précises de l'hypothalamus d'un chat, on provoque des réactions de rage, ce que plus tard
Cannon a appelé la réaction de fuite ou de combat. Par ailleurs, la stimulation d'une autre région de
l'hypothalamus amène une réaction de calme et de docilité. L'être humain a aussi une réaction de stress,
que Selye a décrite en 1936, et une réponse de relaxation, que Benson a décrite en 1970. Ces deux types
de réactions sont modulés par le système nerveux autonome. La réaction de fuite ou de combat, ou de
stress, est modulée par le système nerveux sympathique, tandis que la réaction de relaxation l'est par le
système nerveux parasympathique.

sympathique
= tonus physiologique
parasympathique

De nombreuses études scientifiques ont été faites sur les techniques de relaxation, et il s'en dégage
un net consensus sur les effets bénéfiques de ces techniques, tant sur le plan physiologique que
psychologique3,5,6,8,9,11 . Mais là n'est pas notre propos. Le lecteur intéressé pourra se référer aux articles
pertinents sur le sujet et au TABLEAU 1.

Plusieurs personnes n'arrivent à se détendre qu'après un exercice violent. Dans ces circonstances, un fort
tonus du système nerveux sympathique est suivi par une légère baisse. Il s'agit d'une détente avec perte
d'énergie: pour plusieurs, l'épuisement qui suit l'exercice physique constitue la seule façon de se détendre.

Au contraire, les techniques de relaxation procurent une détente avec gain d'énergie. Sans effort physique
marqué, la personne s'entraîne à une concentration passive qui amène une réponse du système nerveux
parasympathique. Le gain d'énergie s'explique par le rassemblement des énergies dispersées, par le
rétablissement du fonctionnement harmonieux de tous les appareils et systèmes, par l'équilibration des
tensions et de la circulation d'énergie.

Mais on pourrait donner une définition plus rigoureuse des techniques de relaxation: une méthode
d'entraînement à la concentration qui a comme objectif de régulariser et d'harmoniser les fonctions
physiologiques et psychologiques. Cette méthode doit en outre produire des effets caractéristiques
démontrés scientifiquement.

Trois techniques de relaxation répondent à cette définition: le yoga, le training autogène de Schultz et la
relaxation progressive de Jacobson.

Considérations générales
Avant de recommander à un patient de pratiquer des techniques de relaxation, il faut lui faire une
description sommaire de ces techniques, et souligner qu'elles visent des changements à long terme. Il n'est
pas réaliste de penser que tous leurs bienfaits se feront sentir après quelques séances seulement. Il faut
compter trois à quatre mois de pratique assez régulière. Comme il s'agit d'une contrainte importante, il est
nécessaire de bien évaluer la motivation du patient, tout comme pour d'autres types de traitements. Les
indications de ces techniques sont principalement les maladies liées au stress et les maladies



P∑



fonctionnelles. Les contre-indications de ces techniques
sont propres à chacune. Le yoga des postures peut être
dangereux pour la colonne cervicale dans les positions
inversées, et il ne faut pas faire de mouvements qui créent
un malaise ou de la douleur. Des antécédents de
psychose doivent inciter à la prudence, car certaines de
ces techniques, surtout la méditation, peuvent provoquer
une rechute.

11

QUELQUES EFFETS DE LA MÉDITATION

Réactions cardiaques
1. Diminution du rythme cardiaque
2. Circulation du débit sanguin vers le cerveau et
la peau

Cortex cérébral
1. Augmentation du rythme alpha
2. Synchronisation-cohérence de la répartition de
l'activité alpha dans le cerveau

Réactions biochimiques
1. Diminution de la réponse aux récepteurs
adrénergiques
2. Diminution du lactate
3. Diminution du cholestérol
4. Diminution du cortisol
5. Augmentation des metabolites de la sérotonine

Respiration
1. Diminution du rythme respiratoire
2. Diminution de la consommation d'oxygène

Muscles
1. Diminution du tonus musculaire

Comportement
1. Augmentation de l'habileté perceptuelle
2. Assouplissement des réponses perceptuelles et
émotives à l'environnement
3. Augmentation de l'empathie pour les autres
4. Diminution de l'anxiété

1. Équanimité: Égalité d'âme, d'humeur; sérénité.
Tranquillité de l'esprit et du corps, neutralité
détachée, expérience d'une désensibilisation
globale, comportement plus stable. L'équanimité
est considérée par plusieurs penseurs
contemporains comme un premier résultat de la
méditation et aussi comme la base nécessaire
à la croissance spirituelle.

2. L'expérience du détachement pendant la
méditation se caractérise par une
désidentification à la douleur ou au dialogue
intérieur, un détachement sensoriel du monde
extérieur.

3. lneffabilité: Incapacité de décrire l'expérience
en mots, car l'expérience est au-delà du mental.

4. Félicité: Sensation de tranquillité, de calme et
de paix.

5. Énergie et excitation.

6. Altération de l'image corporelle et de la limite
de l'ego: La concentration sur un point précis
donne l'impression que le corps disparaît.
Déconseillé aux psychotiques.

7. Hallucinations et illusions: Des troubles de
perception ont été rapportés chez des non-
psychotiques. Déconseillé aux psychotiques.

TABLEAU 1

Effets physiologiques

Effets psychologiques

Expériences subjectives

Il est possible que les techniques de relaxation aient des
effets secondaires. On parle alors de libération de tension,
d'anxiété, de malaise. En outre, si une personne fait par
méprise des postures de yoga dans un esprit de
compétition, elle peut se blesser. Ces effets secondaires
sont passagers, et il est préférable d'en discuter avec le
professeur lorsqu'ils apparaissent. En règle générale, les
techniques de relaxation ne font pas appel aux facultés
intellectuelles, et leur objectif principal est simplement de
libérer les tensions.

Le milieu idéal pour pratiquer ces techniques est un endroit
où les stimuli extérieurs sont réduits de façon à favoriser
l'intériorisation

• On réduit les stimuli visuels par un éclairage tamisé et
en fermant les yeux.

• On diminue les stimuli auditifs en pratiquant la
technique dans un lieu calme.

• On augmente le bien-être général en portant des
vêtements amples, en gardant la pièce à une
température agréable, etc.

Il faut favoriser la concentration, car les sens tendent
naturellement à aller chercher de l'information à l'extérieur.
Celui qui pratique une technique de relaxation veut au
contraire observer ce qui se passe à l'intérieur de lui-même.

Les techniques de relaxation créent toutefois un paradoxe,
car toute notre vie, nous avons appris à utiliser nos sens
pour conquérir le monde extérieur, atteindre des buts
précis, être actifs et compétitifs, alors que nous obtenons
les effets bénéfiques de la relaxation lorsque nous sommes
passifs, inactifs, sans attente et capables de nous
abandonner.

Benson1 a conclu que quatre éléments de base
déclenchaient généralement la réponse de relaxation.

• Un stimulus constant, un son, une phrase, qui vient
aider à réorienter la pensée logique extéroceptive vers
l'intérieur (le «0M » de ceux qui font de la méditation, par
exemple).

• Une attitude passive: si des pensées distrayantes
surgissent pendant la concentration, il faut ne pas en
tenir compte et rediriger son attention sur la technique.

• Une diminution du tonus musculaire, favorisée par une
position confortable, allongée ou assise, qui réduit au
minimum le travail postural.

• Un environnement calme, où les stimuli sont réduits.

Le type d'enseignement influe sur le résultat. Signalons que l'enseignement par cassette est inefficace. Il
est nécessaire d'avoir un bon professeur et ce, pour les trois techniques mentionnées. Après la motivation
du patient, la qualité du professeur constitue un facteur décisif. Le médecin doit aider le patient à
développer son sens critique pour le choix de son professeur.

Des facteurs liés à la constitution du patient influent sur le choix de la technique. Une personne jeune et
musclée sera plus à l'aise avec le yoga des postures ou la relaxation progressive de Jacobson. Ceux qui
n'aiment pas l'exercice physique préféreront le training autogène de Schultz. Une personne habituée au
silence maîtrisera plus facilement la technique de méditation. Il faut prendre ces facteurs en considération
pour bien orienter le patient.

Certains facteurs liés à la personnalité du patient ne sont pas non plus à négliger. On sait qu'une personne
ayant un trouble de la personnalité limite risque de faire une psychose. La méditation est donc contre-
indiquée. D'autres encore sont incapables de se laisser aller, refusent la passivité, et auront donc avantage
à faire une psychothérapie avant d'entreprendre l'apprentissage des techniques de relaxation.

être actif, se construire
et s'oublier

être passif, s'intérioriser
et se découvrir



Préambule
Le présent article s'inspire d'ateliers donnés par les auteurs sur les
techniques de relaxation. Les participants à ces ateliers ont
expérimenté cinq techniques de relaxation. Nous tenterons ici de
transmettre le plus d'informations pratiques possible, en insistant sur
les éléments cliniques susceptibles d'intéresser le médecin. Les
aspects historiques et théoriques des techniques de relaxation
seront donc réduits à l'essentiel.

Les cinq techniques enseignées dans ces ateliers sont: la relaxation progressive de Jacobson, le training
autogène de Schultz, le yoga7 des postures, la respiration et la méditation. Pour des raisons
pédagogiques, nous avons enseigné les techniques en commençant par la plus physique (relaxation
progressive de Jacobson) et en finissant par la plus mentale (méditation). Le lecteur ne doit toutefois pas
en conclure qu'une technique est supérieure à une autre. Le médecin doit simplement prescrire la
technique qui convient le mieux au patient.

La relaxation progressive de Jacobson
Edmond Jacobson a fait un doctorat en physiologie à Harvard en 1910 sur la relaxation. Il a ensuite fait
son cours de médecine. Il a toujours travaillé en laboratoire, à concevoir des appareils et à étudier l'effet de
la relaxation. En 1938, après plusieurs années d'expérimentation, il publiait Progressive Relaxation. Il y
émettait l'hypothèse que les tensions musculaires influent sur les pensées et les émotions. À notre avis,
l'inverse est aussi vrai.

Selon Jacobson, en diminuant les tensions musculaires, on réduirait l'anxiété. Sa méthode consiste à
contracter puis à relâcher un groupe de muscles déterminé, et de poursuivre l'exercice avec d'autres
groupes musculaires, dans un ordre prédéterminé et de façon progressive. Pendant la contraction, on
observe les sensations et le siège des tensions puis, pendant la décontraction, on observe les effets du
relâchement.

Jacobson conseille d'apprendre ensuite à se détendre dans des situations de la vie quotidienne et de
fonctionner avec une économie d'énergie. C'est la «relaxation différentielle», dans laquelle on utilise le
minimum de tension musculaire pour faire un acte donné, tandis que l'ensemble des autres muscles sont
détendus. À l'heure actuelle, on utilise surtout une version abrégée de sa méthode. La relaxation
progressive de Jacobson donne de bons résultats chez les sportifs (car ils ont des muscles volumineux) et
les jeunes (car ils ont de la difficulté à s'intérioriser).

Pour l'expérimenter, on s'installe confortablement sur le dos, les yeux fermés. On commence par une flexion
du poignet droit il faut maintenir cette flexion entre 30 secondes et une minute, et même l'intensifier. On
repère la tension diffuse dans la partie supérieure de l'avant-bras. Il est primordial de bien prendre
conscience de cette tension musculaire. Dans la phase active, il faut distinguer la sensation de tension

Tension
musculaire

Pensées
Émotions

musculaire de l'avant-bras de la sensation d'étirement de l'articulation du poignet. On relâche ensuite, le
poignet tombe passivement vers le sol, entraîné seulement par la gravité. On essaie de garder la main
immobile et de noter la sensation de détente. On compare cette sensation de détente à la sensation de
tension musculaire précédente.

Il est important de bien reconnaître la sensation de tension musculaire, qu'il faut aussi apprendre à
reconnaître dans les autres exercices. Par la suite, on reprend le même exercice du côté opposé. Voici
quelques exercices à effectuer ensuite en position couchée:









Flexion du coude, avec un angle de 30 degrés entre le bras et l'avant-bras
Flexion dorsale du pied
Flexion plantaire du pied
Extension du bras contre le plancher
Contraction des muscles de l'abdomen vers l'intérieur
Soulèvement des épaules
Propulsion des épaules vers l'arrière.

Selon Jacobson, il importe de reconnaître les sensations corporelles. Pendant l'exercice, il est interdit de
faire un mouvement de va-etvient entre la contraction et la relaxation. Il faut plutôt maintenir la contraction
et éviter d'avoir recours au mouvement pour s'aider. Jacobson répète souvent qu'il faut prendre le temps de
bien faire son apprentissage et ne pas faire de zèle lors des premières expériences. Il recommande deux
séances d'apprentissage par jour, à raison de une heure par séance. Lors de la parution de son livre en
1938, il était possible de recommander deux heures d'exercice par jour. Cette recommandation doit
aujourd'hui être adaptée au rythme de vie moderne.

Le training autogène de Shultz
Né en 1884, Johannes Henrich Schultz a fait des études en médecine et s'est spécialisé en
psychothérapie en 1924. Il a publié Le training autogène en 1932. Psychanalyste de la première heure,
Schultz a rencontré Freud en 1911. Au début du siècle, l'hypnose était un courant thérapeutique fort
important. Ses inconvénients furent toutefois reconnus très tôt, et c'est dans ce contexte que Schultz,
voulant améliorer les approches psychothérapeutiques, élabora le training autogène.

Dans son livre, il utilise les mots hypnose, autohypnose, suggestion et autosuggestion: il s'agit là des
termes utilisés à cette époque. Aujourd'hui, on parle plutôt d'autorégulation, d'autonormalisation,
d'autorelaxation. Par le training autogène, Schultz recherchait un calme intérieur analogue à celui que
procure le sommeil. Il avait émis l'hypothèse que le training autogène produisait des changements
physiologiques similaires à ceux du sommeil. Cette hypothèse n'a pas résisté aux découvertes ultérieures
sur le sommeil et sur les modifications physiologiques propres aux techniques de relaxation. Les
applications des méthodes de training autogène ont été modernisées et perfectionnées par Wolfgang
Luthe10.

Schultz divisait le training autogène en cycle inférieur et supérieur. Le cycle supérieur serait en fait une
méthode de psychothérapie profonde, trop complexe pour être abordée ici. Le cycle inférieur se pratique
dans trois positions: couchée, assise avec le dos appuyé sur un fauteuil, et assise avec la tête penchée
vers l'avant et les avant-bras appuyés sur les cuisses (position du cocher de fiacre). Installé
confortablement, les yeux fermés, on met l'accent sur la concentration passive et l'observation des
sensations corporelles. Pour favoriser cette concentration passive, on répète les formules suivantes:








mes bras et mes jambes sont lourds;
mes bras et mes jambes sont chauds;
mon coeur va calme et bien;
ça respire calme et bien;
mon plexus solaire est chaud;
mon front est frais.

Les deux premiers exercices touchent surtout le système musculaire, tandis que les quatre derniers
touchent les systèmes organiques, d'où leur appellation: exercices organiques ou viscéraux.

Pour expérimenter cette technique, on s'installe en position couchée, avec une couverture sous les
genoux. Cette flexion des genoux permet de détendre la région lombaire. Une fois installé confortablement,
on ferme les yeux et, dans un premier temps, on répète tranquillement «mon bras droit est lourd».

On répète continuellement cette phrase, tout doucement, jusqu'à ce que l'on ressente la lourdeur du bras.
Ensuite, on la modifie légèrement pour dire «mon bras droit est lourd et chaud». On continue de répéter
cette phrase ou le thérapeute la répète. La lourdeur est associée à la relaxation musculaire, et la chaleur à
la vasodilatation artérielle. La formule créant la sensation de lourdeur doit toujours précéder celle créant la
sensation de chaleur.

Après avoir expérimenté la lourdeur du bras droit, on progresse dans l'ordre suivant:
• le bras gauche
• les deux bras
• la jambe droite
• la jambe gauche
• les deux jambes

Au début de l'apprentissage, on se limite aux bras à la première séance, puis on progresse dans l'ordre
recommandé. La pratique entraînera un phénomène de généralisation, c'est-à-dire une propagation
graduelle de la sensation de lourdeur et de chaleur aux autres parties du corps. On continue ensuite avec
les quatre derniers exercices, appelés organiques ou viscéraux:






mon coeur va calme et bien
ça respire calme et bien
mon plexus solaire est chaud
mon front est frais

Schultz insiste sur la concentration passive, grâce à laquelle on adopte une attitude de spectateur face à
l'activité mentale. C'est comme de regarder passer tranquillement un nuage dans un ciel bleu. On le
regarde, on se concentre sur son passage, mais avec une économie d'énergie. Il ne faut pas ajouter ni
retrancher quoi que ce soit à cette image mentale. Les exercices terminés, on recommence à bouger
lentement, en commençant par de petites portions du corps (mains, orteils), et on termine en ouvrant les
yeux.

Plusieurs personnes peuvent s'inquiéter du fait que cette technique a recours à la suggestion. Pourtant,
nous sommes constamment soumis à diverses influences extérieures, à travers la publicité ou autrement.
Le training autogène permet au patient d'utiliser la suggestion à son propre profit, pour améliorer son
bien-être.

Comme toutes les méthodes de relaxation, il faut pratiquer régulièrement le training autogène. Au début,
dans la phase d'enseignement, il est important de rencontrer régulièrement le thérapeute. Par la suite, le
patient s'exerce de façon autonome. Schultz recommandait que cette méthode ne soit enseignée que par
des médecins. À cette époque, en effet, il n'y avait pas d'autres thérapeutes compétents. De nos jours,
tout professionnel de la santé peut l'enseigner, du moins pour le cycle inférieur.

Le yoga des postures
Les premiers textes sur le yoga des postures datent du Xe siècle, mais font référence à des pratiques bien
antérieures. L'objectif ultime du yoga des postures est de préparer le corps à maintenir confortablement
une position assise prolongée pour la méditation.

Ce type de yoga comporte des postures visant surtout à étirer et à assouplir la colonne vertébrale, des
postures d'équilibre et des préliminaires aux exercices de respiration.

Une séance de yoga se déroule de la façon suivante. Au chapitre des préparatifs, il est recommandé d'être
à jeun, de vider sa vessie et ses intestins et de porter des vêtements confortables. On commence par la
salutation au soleil, un enchaînement de postures avant pour but de réchauffer le corps tout en étirant les
différents segments musculaires. Par la suite, on fait différentes postures d'étirement ou d'équilibre,
entrecoupées de mini-détentes. Selon le niveau d'avancement des participants, la séance se termine par
une relaxation, par des exercices de respiration ou par une méditation.

La posture de yoga se caractérise principalement par l'étirement. On peut simplement se mettre en position
debout puis se toucher les pieds. Un sportif se donnera naturellement un élan pour aller se toucher les
pieds. Comme il exécute ce mouvement avec rapidité, il y a risque de blessure. Le yoga a l'approche
opposée: on essaie de dérouler lentement la colonne vertébrale en laissant pendre les bras. Seule la force
de gravité produit l'étirement. La posture de yoga se caractérise ensuite par sa durée. On reste plusieurs

minutes dans la position de flexion lombaire, les bras pendants. On habite littéralement sa position pour
prendre conscience des mini-étirements qui se font un à un. Enfin, dernière caractéristique, pendant la
phase statique d'étirement, qui peut engendrer un léger inconfort, on se concentre sur sa respiration afin
d'obtenir un plus grand étirement.

Après cette flexion lombaire, on se relève doucement en essayant d'y investir le minimum de tonus
musculaire nécessaire. Puis vient le temps de la contre-posture où, les mains sur les hanches, on exécute
un mouvement d'extension et d'étirement de la région lombaire. Il faut être prudent et l'exécuter lentement
afin d'éviter les blessures. Là encore, on essaie de conserver cette position quelques instants. On termine
par une mini-détente en position couchée sur le dos.

À première vue, cet exercice ne semble pas très difficile mais, lorsqu'on l'exécute en prolongeant sa durée
à mesure qu'on acquiert de la pratique, il devient éprouvant. La mini-détente qui suit est alors grandement
appréciée.

Quant plusieurs postures se succèdent au cours d'une séance de yoga, le professeur termine la séance
par la posture du cadavre. Comme son nom l'inclique, on l'exécute en position couchée, en relâchant
chaque muscle dans un ordre déterminé. C'est un exercice de concentration passive, et il ne faut pas
s'endormir. Le training autogène de Schultz s'inspire beaucoup de cette posture.

En résumé, la caractéristique principale des postures de yoga est l'étirement. On étire certains groupes de
muscles par un travail progressif et régulier. Après avoir exécuté une posture, on fait une contre-posture
pour rééquilibrer le corps. La lenteur d'exécution des postures favorise l'introspection, la prise de
conscience de chaque partie du mouvement. Elles favorisent un alignement optimal du corps et un bon
équilibre musculaire. L'équilibre corporel contribue à l'équilibre émotionnel et au bien-être psychologique.

La respiration
La respiration unit le corps et l'esprit. Si vous respirez rapidement, votre rythme cardiaque s'accélère; si
vous respirez lentement, votre mental s'apaise. La respiration agit sur de multiples fonctions physiologiques
par l'entremise du système nerveux autonome.

À titre de médecins, nous pouvons facilement évaluer le degré d'anxiété d'une personne en observant la
façon dont elle respire. Chez un patient faisant de l'hyperventilation chronique, on observera un fin
haussement d'épaules et un rythme légèrement supérieur à la normale. Une personne anxieuse respire
plus rapidement, tandis que la respiration d'une personne calme est presque imperceptible. En auscultant
un patient, on lui demandera de respirer normalement, ce qui l'amènera à passer de la respiration
automatique à une respiration contrôlée volontairement. Il est étonnant de constater à quel point ce
processus essentiel à la vie est mal intégré. Voici quelques caractéristiques d'une respiration normale: elle
est lente, silencieuse, nasale, profonde, diaphragmatique et aisée.

Ce sont les adeptes du yoga qui ont le plus perfectionné les techniques de respiration, mais seul un
professeur expérimenté peut les enseigner. Dans un premier temps, on essaie de prendre conscience de
sa respiration et de ses variations. On s'installe dans un endroit confortable, puis on se couche sur le dos.
On ferme les yeux et on observe sa respiration. Il faut essayer de localiser les mouvements de la cage
thoracique et de l'abdomen. Pour y arriver plus facilement, on peut placer les mains sur le thorax et
l'abdomen afin d'en discerner les mouvements. On respire toujours par le nez, les yeux fermés, et on
continue de noter les variations de la respiration. Après cette observation, on peut faire trois exercices de
respiration (prescrits aux personnes qui font de l'hvperventilation), qui ont pour objectif de bloquer les
mouvements des épaules. On se couche sur le dos et on place les bras vers l'arrière en forme de V. Ou
encore, on se couche sur le ventre, les coudes dans les paumes des mains, les épaules légèrement
soulevées, la tête détendue en flexion sur les avant-bras. Ces deux exercices consistent à respirer
lentement et à observer le mouvement de l'abdomen et des côtes inférieures. Le troisième exercice se fait
en position debout, les pieds légèrement écartés pour favoriser l'équilibre. On élève les bras au-dessus de
la tête pour former un V et on respire lentement. Là encore, on observe les mouvements de la respiration.
Lorsqu'une certaine fatigue se fait sentir au niveau des épaules, on peut baisser les bras. Cette fatigue et
la sensation de pesanteur aux épaules persistent quelques minutes, ce qui permet de pratiquer en position
debout une respiration plus basse. Ces trois exercices, prescrits à raison de 20 minutes deux fois par jour,
peuvent corriger une respiration inadéquate.

Ces techniques respiratoires visent l'obtention d'une respiration abdominale ou diaphragmatique. Au début,
on insiste sur les mouvements de va-et-vient de l'abdomen pour aider la personne a commencer à respirer
par le bas, ce qui contribue à immobiliser les épaules. À mesure qu'elle progresse ins son apprentissage,

elle se concentre sur les mouvements
latéraux des côtés inférieures.
Avec la pratique, cette façon de respirer
sera peu à peu intégrée. Plus tard, la
personne apprendra à faire le lien entre le
mouvement des muscles de la respiration et
ses états émotionnels dans sa vie
quotidienne. Il est prouvé qu'une respiration
rapide et désordonnée est associée à une
perturbation de l'état mental. Les
techniques respiratoires visant un
ralentissement du rythme respiratoire
permettent d'apaiser le mental.

La méditation
Nous savons que la méditation est une
technique née en Inde, où elle se pratique
sans interruption depuis plus de 2 000 ans.
Avec l'expansion du bouddhisme, elle s'est
implantée en Chine au VIe siècle, au Japon
au XlIe siècle, et en Occident au XXe siècle.
Deux cents ans avant Jésus-Christ,
Patanjali a défini le yoga comme l'arrêt des
mouvements de la pensée. Selon lui, le
yoga devrait conduire à la méditation.

Comment arrêter les mouvements de la
pensée ? Plusieurs siècles
d'expérimentation ont permis de faire
émerger une méthode assez uniforme,
qu'on nomme méditation. Pour la pratiquer,
on adopte une position assise stable et
agréable, on ferme les yeux, on maintient le
dos droit avec un tonus musculaire minimal,
on respire lentement et sans effort, et on se
concentre sur un point particulier. La
méditation exige un entraînement rigoureux
et prolongé. Les postures de yoga ont pour
objectif de permettre d'arriver à rester
immobile en position assise le dos droit,
sans effort, pour une période minimum de
30 minutes. Le contrôle et le ralentissement
de la respiration contribuent à ralentir le
rythme des pensées, et la concentration
permet de les arrêter. Cet état de
conscience produit une réaction
physiologique caractéristique, que Wallace12
définit comme un quatrième état de
conscience, les autres étant l'éveil, le
sommeil et le rêve. La méditation, en plus
de produire une réaction physiologique
bénéfique, provoque des changements
psychologiques manifestes et permet aussi
à celui qui la pratique de prendre contact
avec son être spirituel. Par la suite, grâce à
la discipline que cette technique exige,
l'hygiène de vie s'améliore progressivement
et les attitudes mentales se modifient,
rehaussant la qualité de la méditation.
Après plusieurs années de pratique, la
capacité de concentration et la durée de la
méditation augmentent.

À photocopier et à remettre au patient

Vous êtes stressé, surmené, insomniaque, ou vous avez de
nombreux petits problèmes de santé incommodants, voire
invalidants. Après une bonne évaluation, votre médecin vous a
recommandé de vous détendre. Vous n'avez jamais réussi à vous
arrêter de toute votre vie, et vous vous demandez comment vous
pourriez relaxer. Ce court texte a pour but de vous fournir les
informations de base sur le sujet.

Avant tout, il faut combler les besoins essentiels de l'être humain:
manger, dormir, se reproduire et se sentir en sécurité.
L'alimentation, c'est l'énergie nécessaire au fonctionnement du
corps. Il est préférable d'avoir un régime alimentaire diversifié,
équilibré, et de manger en quantités modérées. Un sommeil profond
et récupérateur peut à lui seul guérir bien des maux. La reproduction
est nécessaire à la survie de l'espèce, mais la grande force de la
sexualité doit toutefois être maîtrisée. Tout être humain aspire à la
sécurité l'épanouissement exige un minimum de sécurité. Ce besoin
de sécurité se prolonge dans le besoin d'aimer et d'être aimé.

Ensuite, il faut examiner l'hygiène de vie. Ce que vous faites dans
la journée influe sur votre état de santé. Il faut éliminer tous les
produits toxiques, c'est-à-dire le tabac, la caféine, l'alcool et les
drogues illicites. En les arrêtant, on obtient un bienfait rapide qui se
répercute dans tous les aspects de la santé. Il faut équilibrer
travail, loisirs et vacances. Réservez-vous des moments à vous.
L'exercice régulier est essentiel au fonctionnement optimal du
corps. Ce n'est que depuis quelques siècles que le travail physique
est devenu moins nécessaire. Enfin, une vie affective riche favorise
l'épanouissement de l'être. Il faut y consacrer le temps nécessaire.

Il y a des aides à la détente. Il faut d'abord tenter de diminuer les
stimulations extérieures. Le bruit a des effets insidieux sur la santé.
Il faut essayer le plus possible de le réduire, au travail comme à la
maison. Il faut contrôler les sources de stimulation. Vous
comprendrez qu'une personne prenant son petit déjeuner en sirotant
un café fort, en écoutant de la musique et en lisant son journal peut
avoir de la difficulté à entretenir une conversation. On ne peut se
concentrer que sur une chose à la fois, alors pourquoi tenter
l'impossible? On privilégiera plutôt les endroits tranquilles, le contact
avec la nature, l'air frais, le soleil. Une bonne marche dans la forêt
peut être bénéfique. Chacun peut trouver des aides à sa mesure:
prendre un bain chaud, un sauna, écouter de la musique douce,
recevoir un massage, etc.

Lorsque vous avez besoin d'une aide plus spécialisée, vous pouvez
avoir recours aux techniques de relaxation. De nombreuses
recherches ont démontré leur efficacité. Elles peuvent modifier
plusieurs paramètres physiologiques. L'aide d'un professeur est
essentielle. Votre médecin peut vous conseiller, parmi les
différentes techniques de relaxation, celle qui vous conviendra le
mieux. Les techniques dérivées du yoga sont les plus célèbres.
Elles comprennent le yoga des postures, où l'on insiste sur
l'étirement musculaire et sur la baisse du tonus musculaire; le
contrôle de la respiration, grâce auquel on apprend à bien respirer
avec un rythme plus lent; et la méditation, un exercice de
concentration pour le contrôle du mental. Le training autogène de
Schultz fait appel à la suggestion de chaleur et de lourdeur dans
différentes parties du corps. La relaxation progressive de Jacobson
fait contracter puis relâcher différentes parties du corps de façon
séquentielle. Toutes ces techniques doivent être pratiquées
régulièrement, et leurs effets à long terme sont importants.

De toutes ces suggestions, vous choisissez celle qui correspond le
mieux a vos besoins. Il ne faut pas oublier qu'il faut viser
l'intégration de toutes les facettes de l'être humain pour obtenir les
meilleurs résultats.

La relaxation

Pour méditer, il est important de trouver un endroit silencieux. Les préparatifs habituels des techniques de
relaxation s'appliquent. Quelques postures de yoga aident à préparer le corps. Avec la pratique, on
découvre les conditions qui favorisent une bonne méditation. On recommande aux Occidentaux, qui ne
sont pas habitués de s'asseoir sur le sol, de s'asseoir sur le bout d'une chaise, la colonne droite, non
appuyée. On peut s'enrouler dans une couverture pour faciliter la coupure d'avec le monde extérieur. On
ferme les yeux et on observe le mouvement de la respiration. Un peu plus tard, on se concentre sur le bout
du nez, plus précisément sur la sensation de fraîcheur que procure l'inspiration sur le bout du nez. Il ne faut
surtout pas brusquer le mental, car il s'échappera de façon désordonnée. Les Anciens disaient qu'il fallait
dompter le mental comme on dompte un cheval sauvage. Cela exige de la perspicacité, de la persévérance
et de la discipline. On se concentre à nouveau sur le bout du nez pour sentir la fraîcheur pénétrer plus
avant dans la gorge, le larynx, etc. Il s'agit d'un exercice mental: si les yeux convergent vers le bout du nez,
il faut essayer d'atténuer cette tendance. Lorsqu'une pensée surgit, il faut revenir paisiblement vers cette
sensation de fraîcheur sur le bout du nez. Un peu plus tard, on sera capable de sentir le mouvement de
chaleur créé par l'expiration. Lorsqu'une idée importante arrive à la conscience, on la laisse passer
doucement. Il faut la laisser circuler librement, et ne pas s'y attacher. Peu importe qu'on l'ait oubliée après
la séance de méditation. Il peut avoir des décharges d'énergie; là encore, il n'est pas important de savoir
pourquoi. II faut conserver la position d'observateur détaché. Le yoga n'est pas une discipline intellectuelle:
si cette énergie s'est libérée, tant mieux. On demande au novice de rester en position assise 30 minutes,
même s'il a de la difficulté à se concentrer au début. Ainsi, il pourra au moins s'exercer à conserver la
position assise. Avec l'expérience, les séances de méditation deviennent plus faciles et efficaces.

En résumé, la méditation est le silence du corps qu'on a préparé à rester dans une position assise sans
douleur. C'est l'immobilité du corps devenu statue vivante. C'est le silence de la respiration qui devient
presque imperceptible. C'est le silence de l'esprit où les pensées sont arrétées. Mais qui sommes-nous si
nous ne sommes pas notre corps, notre respiration ni notre mental ? La méditation soulève la grande
question des philosophes: qui suis-je?

Comment prescrire les techniques de relaxation ?
Avant de prescrire une technique de relaxation à un patient, il faut d'abord l'informer. Pour ce faire, on
pourra lui donner une photocopie de l'encadré présenté ici. Il faut aussi aider le patient à choisir une
technique de relaxation scientifiquement éprouvée, et lui conseiller d'utiliser son sens critique pour le choix
du professeur. Trop souvent, de soi-disant thérapeutes abusent de la crédulité des gens. La qualité du
thérapeute est toujours plus importante que la technique utilisée. Une approche personnalisée, adaptée
aux besoins et aux objectifs du patient, est recommandée. À titre de médecins, nous connaissons nos
patients et pouvons leur expliquer les contre-indications de ces techniques. Ainsi, la méditation est à
proscrire pour un patient psychotique, tandis qu'une personne âgée devra éviter le yoga des postures
parce que sa colonne cervicale est fragile. Le patient doit bien connaître sa situation médicale pour en
informer son professeur. Souffre-t-il d'une arthrose légère ou grave à la colonne cervicale? Souvent, les
patients donnent à leur professeur des informations erronées ou incomplètes.

Pour que les techniques de relaxation soient efficaces, plusieurs conditions doivent être réunies. On peut
comparer la prescription de ces techniques à celle d'un médicament. L'observance du traitement consiste
en une pratique quotidienne régulière, qui peut varier selon le patient ou la technique utilisée. Si le patient
oublie de pratiquer sa technique une journée, il doit faire une séance plus longue le lendemain, de la
même façon qu'une dose d'antibiotique oubliée doit être prise le lendemain en plus de la dose habituelle. Il
faut bien réfléchir et trouver le moment propice à la création d'une habitude quotidienne.

En règle générale, les meilleurs moments sont le matin avant le petit déjeuner, avant le souper ou avant de
se coucher. L'exercice doit durer de 30 à 60 minutes par jour. Cette durée varie selon les personnes et
s'atteint progressivement. Il est plus important de s'exercer 30 minutes par jour que 60 minutes trois fois par
semaine. Tout comme en pharmacocinétique, sept petits pics d'exposition à la pratique de la technique
sont préférables à trois gros. Il vaut mieux ne pas pratiquer les techniques de relaxation lorsqu'on est trop
fatigué, car la capacité de concentration est diminuée et on risque de s'endormir.

Au début, pour obtenir des résultats plus rapidement, il est important de pratiquer la technique de façon
intensive, ce qui agira un peu comme la dose de départ prescrite au début d'une antibiothérapie. Par
exemple, le patient pourra passer deux semaines dans un camp de yoga, ou s'inscrire à une fin de
semaine intensive d'apprentissage du training autogène. L'objectif d'une pratique intensive est de modifier
des automatismes neuromusculaires et mentaux. Par la suite, un traitement d'entretien permettra de
conserver les acquis.
Si, par exemple, une technique de relaxation a été prescrite comme traitement d'appoint de l'hypertension
artérielle, il faut vérifier la tension artérielle et ajuster la posologie au besoin, surtout dans la phase intensive

de pratique. Il est possible qu'il y ait des effets secondaires4, surtout si le professeur est inexpérimenté. La
personne qui commence à pratiquer le yoga des postures peut être trop ambitieuse et se blesser. Celle qui
pratique la relaxation progressive de Jacobson peut contracter une épaule douloureuse, ce qui augmente
la douleur et va à l'encontre du but de la relaxation. Sur le plan énergétique, une bouffée d'émotion peut
jaillir et provoquer un fou rire, des pleurs ou une contracture du corps inexpliquée. Ces effets sont
temporaires et libérateurs de tensions. La pratique d'une technique de relaxation réduisant les stimuli
extérieurs, elle augmente l'exposition aux stimuli intérieurs, ce qui peut engendrer de l'anxiété. On peut
prévenir l'anxiété par un apprentissage progressif. Certains associent la passivité et l'abandon à la perte de
contrôle, et cette crainte leur est intolérable. D'autres seront perturbés par la prise de conscience d'un plus
grand spectre de l'activité mentale. Le médecin doit connaître ces effets secondaires, car le patient aura
besoin d'être rassuré par une personne de confiance.

Les effets physiologiques de la relaxation sont à l'opposé de ceux que produisent le syndrome général
d'adaptation décrit par Selye et la réponse de fuite ou de combat définie par Cannon. Les effets des
systèmes sympathique et parasympathique sont modulés par le système nerveux autonome. Les
techniques de relaxation visent à créer un équilibre harmonieux entre deux forces opposées. Elles ont pour
objectif d'aider le patient à retrouver cette capacité innée que nous avons tous de ralentir nos fonctions
psychophysiologiques, c'est-à-dire de déclencher la réponse de relaxation. Elles sont indiquées comme
traitement principal ou d'appoint des maladies liées au stress et des maladies psychosomatiques.

Les patients ont habituellement des attentes réalistes quant aux résultats de ces techniques. Les effets
secondaires sont rares. Au début, elles sont pratiquées dans le but d'obtenir les effets bénéfiques de la
relaxation mais, avec la pratique, certains en viennent à intégrer ces techniques dans un processus de
croissance personnelle. Les progrès technologiques n'ont pas rendu caduques les techniques de
relaxation; elles restent très pertinentes.

Lectures suggérées

- Brand-Hetzel C. Le training autogène, Marabout, 1992. Ce livre présente la technique: il décrit les données fondamentales, mais ne
permet pas aux lecteurs de s'initier à la pratique.
- Easwaran E. Méditation. Bellarmin, 1996. L'un des meilleurs livres en langue française sur la méditation. L'auteur décrit un programme
en huit points pour cheminer dans un processus d'apprentissage de la méditation et donner un sens à sa vie. lI ne discute pas des
aspects scientifiques.
- Jacobson E. Savoir relaxer pour combattre le stress. Les éditions de l'Homme, 1980. L'auteur décrit la tension et les troubles organiques
causés par le stress ainsi que sa méthode de relaxation visant à les soulager. Facile à lire, pratique et pas trop technique.
- Kirsta A. Le stress: comment se détendre et vivre de façon positive. Laffont, 1987. Livre sur la gestion du stress et sur les différentes
techniques de relaxation. Par sa simplicité et son exceptionnelle présentation graphique et photographique, ce livre est le premier que je
recommanderais à tous.
- Van Lysebeth A. J'apprends le yoga (1980). Je perfectionne mon yoga (1973). Pranayama, la dynamique du souffle (1981). Flammarion.
Trois livres essentiels que je recommande sans réserve.

Bibliographie

1. Benson H, Beary JF Carol PC. The Relaxation Response. Psychiatry, février 1974;37: 37-46.
2. Benson H, Kotch JB, Crassweller KD. The relaxation response: a bridge between psychiatry and medicine. Med Clin North Am, juillet
1977; 61 (4):929-38.
3. Bhole MV. Abstracts and Bibliography of Articles on Yoga from Kaivalyadhama. Lonavla:
4. Kaivalyadhama; 1985: X-192 pages.
5. Edinger JD, Jacobsen R. Incidence and significance of relaxation treatment side effects. The Behavior Therapist 1982; 5(4): 137-8.
6. Funderburk J. Science Studies Yoga: A Review of Physiological Data. Honesdale, PA: Himalayan International Institute of Yoga Science
& Philosophy of USA, 1977: XIV-257 pages.
7. Gessel AH. Edmund Jacobson. The Founder of Scientific Relaxation. Int J Psychosorn; 1989; 36 (1-4): 5-14.
8. Guay B. Yoga thérapie, relaxation. Le Médecin du Québec, mai 1989: 24 (5): 65-69.
9. Jarrell HR. International Meditation Bibliography, 1950-1980. Metuchen, NJ: The Scarecrow Press, 1981: IX-221 pages.
10. Lehrer PM. How to relax and how not to relax: A re-evaluation of the work of Edmond Jacobson-I. Behav Res Ther 1982; 20:417-28.
11. Luthe W, Schultz JH. Les techniques autogènes. Montréal: Décarie, 1983:190 pages.
12. Murphy M, Donavan S. The Physical and Psychological Effects of Meditation. A Review of Contempory Research ivith a
Comprehensive Bibliography 1931-1996. Sausolito: Institute of Noetic Sciences, 1997: X-282 pages.
13. Wallace RK. Benson H, Wilson .AF. A wakeful hypometabolic physiologic state. Am J Physiol septembre 1971; 221 (3:795-9.

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